Samedi le 14 novembre au CÉGEP de Limoilou, avait lieu le 2ième spectacle du groupe Érotique PQ. Je n'ai malheureusement pas pu assister au spectacle mais on m'a interviewé dans le journal de l'Université Laval (L'Exemplaire) édition du 18 nov 2009. Le sujet étant bien sûr les trames sonores de films érotiques québécoises.
Psyquébélique a été cité dans La Presse ce samedi 14 nov. 2009. Le titre de l'article (L'an zéro) est une citation de mon article du 14 décembre 2008.
L'article de Jean-Christophe Laurence relate la réédition en DC de l'album "The Montreal Scene" de Nick Ayoub. L'instigateur de cette sortie, Charles François Cyr, est interviewé au sujet de son étiquette de disque Ear This Records et de ce que représente pour lui l'album.
Psyquébélique vous encourage fortement à acheter cette réédition. The Montreal Scene est un classique oublié.
Voici un complément à mon article sur les trames sonores érotique de François Cousineau.
Ce 45t inclu deux pièces du Film "L'amour humain" (Denis Héroux 1970). J'ignore pourquoi aucunes des deux n'ont été inclu sur le LP "Les plus célèbres musique de films du Québec" de François Cousineau. Rien de spectaculaire, mais elles sont au moins aussi bonne que le thème chanté du générique de L'amour humain (Une fleur sur la neige). Ce thème (chanté par Diane Dufresne) en plus du LP, bénificia d'une sortie 45t.
Remarquez le nom de l'étiquette: "Initiation". Aucun lien avec le film sinon que "L'amour humain" et "L'initiation" ont tout deux été produit par la même maison de production (Cinépix). Selon moi Initiation est l'ancêtre de l'étiquette Gap records.
Revenons à la musique. Thème pour Julien est une compo pour orchestre non sans rappeller les BO de Western spaghetti d'Ennio Morricone. Guitare, violon, percussion style militaire. Les orchestrations sont de Yves Lapierre.
Quoique un peu vulgaire, "La machine à faire l'amour" est la plus Pop des deux pièces. Le texte parle d'une sorte de poupée gonflable mécanique. Elle avait été écrite avec la collaboration de Jean-Guy Chapados et Marcel Lefèbvre. On y entend guitare, basse, batterie, cloche à vache, choeur masculin. Un rock typique de l'époque. Le ralenti la reverberation vers la fin par contre rajoute une touche un peu psyché.
Pour l'halloween, voici probablement le premier disque "de peur" fait au Québec. J'ignore qui est ce Boris, mais le nom est sûrement inspiré de l'acteur le plus connu ayant interprété Frankenstein au cinéma (Boris Karloff). L'illustrateur de cette superbe pochette non plus n'est pas identifié malheureusement.
À moins d'être facilement impressionable, le disque n'est pas très épeurant. Il se voulait même drôle par moment; notamment la fin de la piste "Le supplice de la goutte". Je dirais que c'est plus un disque d'effets sonores étranges que d'histoire de peur.
Les pièces sont assez courtes en général (la plus longue est 3:06). Le narrateur à la manie d'ééééééétirer les syllables pour créer un effet (ou pour rallonger la durée ?). Une choses est sûre, c'est clairement adressé aux enfants. Boris utilise des phrases comme: "Il est très tard le soir et vous venez juste de terminer vos leçon avec votre copain...".
Le tout donne l'impression d'avoir été enregistré à la hâte. Écoutez le début de la pièce "Ton petit chat noir"; il y a un faux départ qui n'a même pas été effacé pour l'enregistrement final.
Mon "histoire" préférée est celle qui se déroule dans l'espace: "Les martiens verts". Tout de même rigolo !
Voici le troisième d'une série d'articles sur les trames sonores de films érotiques de l'étiquette Gap Records. Ce disque se distingue de plusieurs façons du 1er et 2e du même étiquette. Premièrement, le compositeur est, cette fois-ci, François Cousineau.
Deuxièmement, il s'agit d'une compilation des musiques de quatre films différents fait entre 1970 et 1972 (tous érotiques et tous produit par le studio Cinépix): L'initiation, l'Amour humain, 7 fois par jour, Le diable est parmi nous. Cousineau n'était pas à sa première trame sonore quand cette compilation est sorti. Dès 1965 il avait notamment fait la B.O. de "La corde au cou".
Troisièmement ce disque est, en quelque sorte, le premier album de Diane Dufresne. En effet, tout dépendant comment on calcule, on peut l'entendre sur 9 des 11 chansons du disque. De plus, ces chansons ne se retrouvent pour la plupart, sur aucuns autres albums ultérieurs. Sur "Les plus célèbres musique de films du Québec" on retrouve (en plus du couple Cousineau-Dufresne), l'ajout de Luc Plamondon aux textes. C'était là, la première manifestation du trio auteur/compositeur/interprète le plus célèbre de l'histoire de la musique québécoise.
Quel est le résultat ? Rien de très extraordinaire finalement. On y entend surtout des balades ronflantes. Mais c'était le premier essai du trio. Faudra vraiment attendre le 2ième album de Dufresne pour voir les étincelles. Mentionnons tout de même la très rythmée: "D'vant ma télévision, je m'ennuie de toi". Selon moi, les meilleures pièces de cet album sont clairement les instrumentaux de Cousineau. Presque toutes viennent du désormais culte "Le diable est parmi nous". En revanche, ces pièces sont en minorité comparé à celles chantés.
Tout dépendant si vous regardez la pochette ou l'étiquette, l'identification des pièces peut porter à confusion. Sur la pochette, les pièces apparaissent sous-divisés et sur l'étiquette amalgamées. Disons aussi que plusieurs des morceaux sont courts et étaient probablement subordonnés (en longueur) à la scène pour laquelle ils avaient été composée (d'où le regroupement en plages plus longues sur l'étiquette). Prenons la première pièce du disque. La division de la pochette la sépare en 5 parties. La deuxième pièce elle (Thème du bon), serait une entité unique. Et ce même dans la division des sillions du vinyl. Malgré cela, Psyquébélique affirme qu'il y a probablement eu erreur d'étiquetage. Dans les faits la pièce "Le diable est parmi nous", n'inclu probablement que 3 parties (A,B,C). Les deux autres (D,E), devaient former la pièce "Thème du bon". Il faut écouter pour comprendre.
Revenons à la musique. "Thème du bon" est LE morceau qui fait le disque. C'est une compo funky de type blaxploitation des années 70 avec tout ce que ça implique. Une longue intro de guitare & piano est suivi de cuivre & batterie. Vraiment une des meilleures compo Québécoise funk de tout les temps.
Autre morceau digne de mention: "La chanson Bi". Comme sont nom l'indique, c'est une pièce en deux parties. La première est chantée en anglais et la deuxième est instrumentale. La deuxième partie est presqu'une pièce en soit. Une intro tout en percussions (conga, batterie), puis piano, basse et guitare se rajoutent. Un funk lent mais bien senti. Remarquez aussi sur la pochette la multitude de variation qu'on a ajouté à côté du préfixe "Bi". Sûrement la touche de Plamondon.
Pour conclure, le disque offre peu en frais de musique instrumentale (surtout pour une compil de trame sonore). Drôle à dire mais pour un disque de François Cousineau, j'aurais aimé qu'on lieu face plus de place. Le peu qu'on entend de ses compo vaut le détour et compense pour le reste de ce disque, somme toute, assez ordinaire. Reste à souhaiter une réédition de François Cousineau, un autre de nos compositeurs trop longtemps sous-estimé.
Voici une troisième émission enregistré avec mon cher collègue Peter Gunn (du Blog Tête Carrée). Lors de son dernier passage cet été (en plein festival de Jazz), Peter en a profité pour enregistrer une autre émission de "Clean & Humble" portant sur Montréal et la musique québécoise. J'ai eu le plaisir d'être son invité.
L'émission fut diffusée lundi le 13 juillet 2009 de 20h-21h sur les ondes Viva-radio (Brooklyn/New York). La playlist est disponible dans la section commentaire.
Le 24 septembre avait lieu la première visite officielle de la collection de musique de la Bibliothèque et archives nationales du Québec (à Montréal). Quoique vitrée, cette section du 4ième étage était resté fermé à clé depuis l'ouverture de la grande bibliothèque en 2005. Un peu comme un gateau sous une cloche de verre; pour plusieurs collectionneurs, c'était devenu un supplice d'aller au 4ième et de voir autant de disques sans pouvoir les toucher.
Après une présentation sur l'éventail du contenu musical, les gens de la collection musique nous on gentiment dévérrouillé les fameuses portes.
LE FAIT SAILLANT DE LA SOIRÉE: On nous a appris qu'on pouvait demander une copie de n'importe quel disque en leur possession pour autant qu'il ne soit plus disponible sur le marché (ce qui inclu pas mal de bon disque). Bonne nouvelle pour tout le monde ! Si vous n'êtes pas près à dépenser ce que peut coûter un disque rare ou si vous hésitez avant d'acheter un "gros morceau" ; vous pourrez vous faire faire une copie. Il y a tout de même un délai avant d'obtenir sa copie. Quelques uns des bloggueurs y était. Comme on peut voir sur la photo, votre humble serviteur ainsi que mes collègues de Patrimoine PQ et Vente de garage tentions de ne pas trop saliver sur l'orgie de 45t devant nous.
Une seconde visite est prévu pour le mois de novembre. Avis aux intéressé.
"Y'a plus de trou à Percé" fait partie de la courte liste des trames sonores de films érotiques Québécois ayant été édités à l'époque. À défaut d'avoir produit de bons films, cette mode (1968-75) aura au moins permit d'immortaliser de la très bonne musique.
Cinépix était la maison de production Montréalaise ayant produit le plus de films du genre. Mentionnons; Valérie (1969), L'amour humain (1970), L'initiation (1970), Viens, mon amour (1970), Pile ou face (1971), Y'a plus de trou à percé (1971) et La pomme, la queue et les pépins (1974).
Cinépix n'a malheureusement fait paraître que trois albums et deux 45t. Tous sont sortis sur l'étiquette de disque "Gap records" (une filiale musicale ?).
La B.O. de "Y'a plus de trou à Percé", est un cas spécial; c'est la deuxième de cette série de trois disques.
Le film date de 1971 et sa B.O. fut composée par le grand Paul Baillargeon. Tout comme pour "Viens mon amour" (sorti l'année précédente et composé par Baillargeon aussi), "Y'a plus de trou à Percé" possède une version anglaise (pochette, nom des pièces...) ainsi qu'un 45t. Le film est sortit en anglais sous le nom "Loving & Laughing". La chanson thème était chanté par Patsy Gallant et sa version anglaise par Sharon Lee Williams. Les pochettes anglaise & française inclus une photo de Gallant & Williams respectivement. On n'aura rarement vu des producteurs se donner autant de mal à s'adapter au marché qu'ils essayent d'exploiter.
Le nom de Dean Morgan reste un mystère selon moi. Sur les deux premières B.O. de Gap Records, Dean Morgan est crédité au côté de Baillargeon sur les pochettes. Mais lorsqu'on regarde attentivement l'étiquette centrale (de "Viens, mon amour"), il n'est crédité que sur les chansons chantés (et non sur les instrumentaux).
Sur "Y'a plus de trou à Percé", son nom est partout ou celui de Baillargeon l'est. Pourtant, cet homme n'est listé sur aucun site de compositeurs tel Discogs. Sinon, sur IMDB, il n'est listé QUE sur trois projets de films (les 2 de Cinépix + 1 autre). Tous ont été fait AVEC Paul Baillargeon. Est-ce qu'il faudrait croire qu'il n'aurait rien composé seul ... Ou sans l'aide de Baillargeon ? Est-ce simplement un producteur ou peut-être un prête-nom ?
Sur le site "Waxing Deep", Baillargeon accorde une courte entrevue à Dan Zack au sujet de ces deux trames sonores pour Cinépix. Il n'y fait aucune mention de la collaboration de Dean Morgan. Conclusion ? Tout ça mis ensemble, Psyquébélique croit que Baillargeon est fort probablement l'unique compositeur des B.O. de "Viens, mon amour" et "Y'a plus de trou à Percé".
Revenons à la musique. Peut-être moins spectaculaire que les autres trames sonores érotique, celle-ci est non moins intéressante. Le style de la majorité des pièces est ce que les anglais appellent du "Soft-Psych". C'est à dire des balades/folk mais avec une touche d'électronique. Le tout donne une saveur un peu étrange. Prenons la version instrumental du thème, le son fait très film d'horreur de Jess Franco. Un clavier électronique est combiné avec un piano et à cela est rajouté des effets sonores. L'intention semble être de créer un atmosphère bizarre et déconcertante.
Autre particularité, ce disque inclu une rare pièce du groupe Le coeur d'une génération.
"Ton Amour", est une pièce de style "Sunshine Pop" comme seul ce groupe semblait avoir la formule au Québec. Harmonies vocals, tambourine, guitare sèche; une variation plus sophistiqué des chansonniers finalement.
"Nous irons ensemble" de Patsy Gallant, est la chanson thème. Elle était sur le 45t. C'est une pop cuivré et convenu; semblable à Donald Lautrec. La pièce est crédité à Baillargeon, Morgan mais aussi Robert Gauthier. Ce dernier avait composé la chanson thème de "Viens, mon amour" nommé "Emmène-moi" chanté par Louise Lemire.
Une des choses qu'on peut déplorer est que plusieurs des meilleurs pièces sont très courtes. Quelques unes sont incluses dans un "Montage" de 9:36 nommé "O Percé". Ce montage (mélangeant musique & dialogue) est divisé en 4 "sections" selon la pochette. Psyquébélique dénote en fait 8 sections musicales. Donc difficile d'identifier correctement les pièces qu'on aime. Je me contenterais de les nommer par leur numéro.
La première pièce de "O Percé" par exemple, est similaire à la pièce "Gaspé adieu" du côté B. Ces pièces sont dans le style des B.O. de western spaghetti mais version électronique. Combinaison inusité s'il en est une.
Autre fait saillant, le quatrième extrait musical de "O Percé". Il s'agit d'une courte compo électronique (0:46) tout en mélancolie. Dans l'esprit de ce que Michel Robidoux et Pierre F. Brault allait faire comme musique pour l'émission "Passe-Partout" quelques années plus tard. Le son de Baillargeon aurait-il eu un impact sur ce duo ?
Après Ski c'est la genèse du Funk Québécois. Avant 1971, Il y a eu quelques 45t, mais disons que c'est le premier albums Funk fait par un francophone d'ici. Tout de même étonnant que ce fameux premier album du genre ait été composé pour rien de moins qu'un film érotique. Voici donc l'histoire d'un style musical née dans le vice.
Jacques Crevier est un personnage qui, au fil du temps, a donné lieu a toutes sortes de spéculations. On a dit de lui qu'il était un français qui n'a travaillé que brièvement au Québec; que son nom était le pseudonyme du groupe Chicago. La vérité est probablement moins spectaculaire.
Le seule mystère selon moi est le nom de Diane Huggan sur l'étiquette centre du disque. Ce nom ne correspond à aucune musicienne, compositrice, chanteuse connu ou répertorié. Probablement une histoire de prête-nom de la part du producteur pour encaisser des droits d'auteurs. Enfin. À ma conaissance Crevier n'était qu'un compositeur/arrangeur peu connu qui a surtout travaillé dans l'ombre de plusieurs chanteurs/euses Pop. Mentionnons seulement: Jacques Boulanger, Pauline Julien, Anne Renée, Claude Valade et Tony Roman.
Probablement que les collectionneurs Québécois n'arrive pas à croire que quelqu'un qui aurait composé un disque aussi bon que la B.O. du film "Après Ski" aurait pu s'arrêter-là. Mais ça serait mal connaître l'histoire culturel du Québec. Il y a tellement d'artistes surdoués (en BD, cinéma, littérature ...) qui, pour toutes sortes de raisons géo-culturel, s'arrêtent après 2-3 chef-d'oeuvres. Même les plus talentueux n'ont pas toujours une longue carrière ici.
Autant par sa rareté que par sa qualité, Après Ski fait saliver bien des collectionneurs. La trame sonore de ce film est devenu le St-Graal du Funk Québécois; notre ambassadeur Funk à l'étranger . Il est l'origine du genre mais reste indétrôné (après toutes ces années), au sommet de la courte liste des meilleurs album Funk Québécois. Liste qui incluerait (selon Psyquébélique) Jérémie de Lee Gagnon (1973), Le deuxième album du Ville Émard Blues Band (1975), l'album brun de Luc Cousineau (1976) et Ovila de Ovila Blais (1976).
Le titre Après Ski vient bien sûr de l'expression faisant référence au côté social de ce sport nordique. Une pub de Pub de Pepsi datant de 1988 illustre un peu le sense.
En fait, ce film de Roger Cardinal était l'adaptation du roman de Philippe Blanchont paru en 1966. À l'endo on peut lire:
"Un roman basé sur les faits authentiques de la liberté sexuelle qui se déroule sous prétexte du sport dans nos centres de villégiature canadiens."
Le film quand à lui, suit cette veine et raconte les histoires "amoureuses" de quelques moniteurs de ski dont Marc (joué par Donald Pilon). Après avoir batifoler avec ses étudiantes, Marc finit par tomber amoureux de Terry Lopez (Céline Lomez). Pour être gentil, je qualifierais le scénario de "léger". Coïncidence ou non, vingt ans plus tard, un film au concept drôlement similaire est sorti au États-Unis: Ski School (1991).
En 1971 au Québec, le cinéma est en pleine révolution sexuelle depuis depuis Valérie (1968). Une vague de film érotique tantôt appelé "Déshabillons la québécoise", tantôt "Maple Syrup Porn" fait rage. Autour de ce noyau, orbite les plus talentueux artistes de l'époque (musiciens, illustrateurs). Mais cette mode est loin de faire l'unanimité. Tout d'abord plusieurs membre de l'équipe d'Après Ski renièrent le films une fois qu'il sorti en salle (dont Donald Pilon et le scénariste Pierre Brousseau). Trouvant le film mauvais, ils prétextèrent y avoir participé pour des raisons strictement financières. Puis un curé de St-Roch parti en croisade anti-pornographique contre "Après Ski" et "Piles ou Face". L'affaire se transforma en mini scandale. À cause d'une pétition adressé au Ministère de la justice, des bobines du film furent saisient à Québec. L'association des Réalisateurs manifesta contre ce retour en arrière vers la censure. La position du ministre Choquette ne fit pas l'unanimité au sein du caucus libéral de Robert Bourassa. L'histoire se régla grâce au premier ministre. Il intervenu personellement dans le dossier suite à une rencontre avec les membres de l'association des réalisateurs.
Le film connu malgré tout un grand succès, la croisade du curé Lavoie donna tout un coup de pouce publicitaire à Après Ski. Comme plusieurs films érotique d'ici, il suscita la curiosité au Canada anglais. Il fut doublé et distribué sous différents noms à l'étranger: Winter Games (CAN), Sex in the Snow (G.B.), Meta to ski (Grèce) et Snowballin' (É.U.). Des scènes "hard" avaient été rajoutés par le distributeur états-unien dans cette version.
Ce qui est drôle avec le recul aussi, c'est la brochette d'artiste "respectable" qui on joué dans ce film érotique: René Angelil, Janine Sutto, Francine Grimaldi et Raymond Lévesque (pour ne mentionner que ceux-là).
Mais revenons à la musique. La Face 1 de l'album contient surtout des balades de vedettes de la Pop ronflante de l'époque. Marc Hamilton (Comme elle sont belles les filles), Mariette Lévesque (Dors avec moi), ainsi qu'une balade instrumentale (Les amants). Céline Lomez chante le thème (Après Ski).
Étrangement, une version de ce thème fut joué à l'époque par le jeune organiste (trop jeune pour avoir vu le film) Maurice Desjardins. Avec beaucoup moins de budget et d'instruments (Batterie, guitare et orgue), il réussi à faire une adaptation franchement plus rythmé que l'originale. Pas mal pour un garçon de 12 ans ! Cette version est disponible sur le site de mon collègue Vente de garage.
Maintenant passons aux choses sérieuses. La musique Funk de Jacques Crevier (la vraie vedette musicale) est relégué à la Face 2 de l'album. Le nom de Crevier n'est écrit qu'à l'endo. C'est tout de même ironique avec le recul de constater que ce qui a le mieux vieillit de cette trame sonore est ce qu'on cachait presque à l'époque.
Le Funk était utilisé au départ dans les films d'action afro-américain, mais est devenu, avec le temps, synonyme de musique porno. Des films comme Après Ski ont certainement contribués. L'année de sortie d'Après Ski (1971) coïncide avec le tout début de la vague de films Blaxploitation au États-Unis (Shaft 1971, Super Fly 1972 ...etc).
Le son des pièces de Crevier est typique des meilleurs trames sonores de l'époque. Un orchestre dominé par les cuivres et percussions. Un mélange des B.O. de films d'agents secret fin 60's (cuivres solennels), mais avec une touche de Funk 70's (cuivres plus libidineux, ajout d'orgue, basse et de guitare Wah Wah). Quelque part entre la porno et les séries policières.
Les pièces de Crevier nommé "La course endiablé", "Le doux renard", "Le grand Marc", "Les yeux brulant" sont de purs joyaux. "La course endiablé" est la dernière pièce de la Face 1. Trop courte (1:03), une sorte de geuleton avant le plat principal. On dirait presque de l'Afro-beat avant l'heure.
La meilleure pièce est clairement "Le doux renard" (quoique l'intro et la conclusion s'éternissent légèrement). Cette pièce fit partie de la compil "Canadian Racer" (2002) mais fut mal identifié. La combinaison d'instruments à vent lourds (sax baryton) et aigus (trompette) dynamisent la section cuivre.
La pièce "Le grand Marc" est un funk circulaire et accrocheur. L'omniprésence de l'orgue la distingue des autres pièces. "l'âme de feu" est une pièce strictement Jazz. La trompette sourdine est à l'honneur, mais elle est appuyée d'une lourde section cuivre qui lui donnent un certain prestige. "Les yeux brulants" conclu l'album en beauté. Similaire à la pièce "Le doux renard" mais plus down-tempo.
Avis aux intéressés, en 2007 le distributeur Équinoxe Films a réédité le film en DVD (et changé la pochette blanc neige d'Après Ski en turquoise ?!?).
De plus, tout récemment (en 2009), un groupe nommé Érotique PQ s'est formé. Ils se sont donnés pour but de rendre hommage aux trames sonores de films érotique Québécois. Sur scène il réinterprétent une sélection des meilleures pièces. Ils ont une page Myspace et dans un extrait de leur spectable au Off festival d'été de Québec (disponible sur Youtube), on peut entendre "Les yeux brulants" tirée d'Après Ski.
Finalement cette trame sonore est un chef d'oeuvre musicale oublié. Comme tout les autres disques Funk Québécois, Après Ski n'est toujours pas réédité en DC. Le peu de copie restant de ce disque, sont fort probablement en majorité à l'étranger. Le plus triste dans tout ça, c'est que tout une génération de musiciens Québécois ignore son existence et vont puiser leur inspiration chez des artistes américains ou français. Quand on sait combien cette B.O. est recherché au États-Unis et en France, c'est d'autant plus ironique. On est jamais prophète dans son propre pays !
Yvan Landry est considéré comme le premier vibraphoniste professionnel au Canada/Québéc. Il aurait commencé dans le Jazz dès les années 50. Malheureusement, les seules enregistrements qui reste de lui, dates des années 60.
Durant sa longue carrière, il collabora avec de nombreux musiciens tel que: Claude Léveillée, André Gagnon, Bix Belair et Buck Lacombe... Mais avant tout, il fut leader de diverses formations Jazz, la plupart des Quatuors.
De 1961-68 il composa 7 trames sonores pour l'Office national du film (dont "Voir Miami" de Gilles Groulx 1963). En 1971 il représenta le Canada au Festival de Jazz de Montreux en Suisse. Selon le livre de John Gilmore, Landry aurait enregistré avec son Quartet en 1962, 1964, 1966 et 1967. De mes yeux, je n'ai vu que les enregistrements suivant:
-en direct de l'émission "Jazz en liberté" de 1964 (Transcription 1964) -un album du nom de" Jazz en liberté/Jazz Break Out" (Capitol 1968) -"Café au lait" (Capitol 1969)
J'ignore si Gilmore fait erreur dans ses dates ou si les enregistrements diffèrent des années de sorties des disques; mais à première vu, les dates ne coïncident pas. À moins que par "enregistrements, il ne fasse référence aux B.O. de L'ONF ? Mais même là, il manquerait des dates.
En plus (toujours selon le livre de Gilmore), Landry aurait enregistré en septet (1967) et en octet (1972). J'ignore où se trouve ces enregistrements, mais ni moi, ni la bibliothèque nationale les avons en tout cas.
Fait étonnant, si on se fit à ce qui est écrit sur les pochettes, même ses deux "vrais" albums (sur Capitol), aurait été enregistré en direct ET dans le cadre de l'émission "Jazz en liberté" de Radio-Canada.
Mais revenons à "Café au lait". Je ne peux pas parler de cette album sans glisser un mot sur l'arrière de la pochette. Un coup d'oeil à la photo et on réalise que 1969 était vraiment une autre époque. Cette image serait fort probablement considèré comme sexiste aujourd'hui (deux femmes au pied d'un homme). On ne voit maintenant ce genre de pose que sur des albums de "Gangsta Rap" ou sinon c'est l'inverse sur l'album d'une chanteuse (hommes au pied d'une femme, ex: Madonna).
Sur "Café au lait", Landry y joue ses propres compositions. Ce qui frappe d'emblée, c'est qu'il n'y a aucun cuivre sur cet album. Le quatuor est composé d'une batterie, une contre-basse, un piano et d'un vibraphone (aucun musicien n'est identifié). Le son est très lounge. Ses détracteurs diraient que c'est du Jazz "sage". Mais le vibraphone est rarement le genre d'instrument qui fait taper du pied. Il est surtout joué down-tempo, et associé à de la musique fait pour boire des Martinis. Un son lent mais sophistiqué.
Il y a bien sûr eu quelques vibraphonistes qui jouaient à quatre baguettes (2 par mains donc plus rapide), mais Landry n'était pas de cette école-là. Le plus accèléré que Landry a joué sur "Café au lait" est sur une pièce comme "Éclair au chocolat". Mais le rythme vient au moins autant de la batterie et du piano.
Autre pièce intéressante, "Dimanche à Rio". Avec un titre comme ça, on peut s'attendre à de la Bossa Nova. Effectivement, ça en ait. Il semble qu'à l'époque la Bossa (et même la musique sud américaine en général) commençait à laisser des traces en occident. Juste dans le Jazz Québécois, mentionnons l'exemple de Nick Ayoub qui avait fait un album complet de Bossa Nova en 1962.
La pièce titre de l'album (Café au lait), est la plus longue (5:55). Le thème est circulaire et accrocheur.
Sinon l'album s'écoute de A à Z sans déplaire ni attirer l'attention. Agréable et Léger. De la musique d'été quoi.
"J'suis pas un Pepsi" des Sinners me semble être une pièce appropriée pour la St-Jean (ne serais-ce que pour le rythme et le titre). Elle est tirée du dernier album des Sinners: "Le chemin de croix de Jos Roy" 1976.
Voici une autre pièce de Pierre Perpall. Il est un des meilleurs artistes à avoir fait de l'Italo-Disco au Québec.
Je compare souvent "We Can Make It" à "Over & Over". Ces pièces sont similaires à plusieurs points de vues. Les deux sont sortis en 1984 sur l'étiquette Ovni. Les deux pièces on bénéficiés d'une version 7" et 12". Le style aussi; Italo-Disco (down-tempo mais percussif).
La différence majeur entre les deux est que Perpall avait composé "Over & Over" pour quelqu'un d'autre (Martin Stevens). Aussi, le côté B du 12" d'Over & Over contenait la version instrumental.
"We Can Make It" avait été composé par/pour lui sous son pseudonyme: "Purple Flash". Cette pièce connu un étonnant succès.
Le côté B de l'édition original (Ovni) 7" et 12", contenait la très ordinaire pièce: "Do You Like Me".
La pièce fut réédité au Pays-Bas sur l'étiquette "Injection Disco Dance Label" en 1984. Exactement comme sur Ovni. Côté A: "We can Make It" (chanté), côté B: "Do You Love Me". Fait interessant, une pochette photo avait été fait pour cette édition.
La pièce aurait aussi été inclu sur un disque d'exercice nommé "Ken Alan's Aerobic Beat, Music for Workout vol.3" (probablement sorti l'année même).
La version instrumental par contre, ne se retrouve que sur la réédition Étas-Unienne (étiquette JDC Records 1984).
En 2004, l'étiquette Environ a réédité "We Can Make It" dans sa série Unclassics. La version chanté se retrouve du côté A et un remix de Darshan Jesrani du côté B.
Les plus grand succès de Pierre Perpal ont été réédités en 2 CD et je vous encourage fortement à le (re)découvrir.
Psyquébélique vous offre la très rare version instrumental. Écoutez cette superbe compo quelque part entre le disco et l'électro. Ce qui est frappant (tout comme "Over & Over"), c'est que la pièce serait pratiquement une balade si ce n'était des percussions. Finalement le recette typique de "l'italo-disco".
Quinconque fouille un peu dans les origines de l'Électro/New Wave au Québec, se rend vite compte que la décennie 80 est remplie de rendez-vous manqué. Plusieurs groupes auraient pu/dû percer mais n'ont pas abouti pour toutes sortes de raisons. Voici le cas de Nudimension.
Nudimension c'est surtout Louis Rondeau (clavier, batterie, voix, texte) mais aussi Marc Fontaine (texte, gérant, montage des clips). Les deux s'étaient connu du temps du groupe 222's. Rondeau (Louie Louie) y était batteur et clavieriste. Marc Fontaine était assistant-gérant (le gérant était François Doyon).
En 1981, tannée des tournées à l'extérieur du Québec des 222's (étant donné que leurs compo/public étaient anglais), Rondeau et Pierre Major décident de mettre fin aux activités du groupe. Major continuent un peu dans la même voie et fondent 39 Steps avec l'ancient chanteur Chris Barry. En entrevue, Louis Rondeau dit qu'à cette époque lui voulait plutôt: "explorer de nouvelles dimensions musicales" et que l'Électro était un style qui lui permettait ça. Son but était de faire de la musique sans les inconvénients (tournées, promo, dépenses, chicanes de groupe....). Il voulait composer seul tout en contrôlant de A à Z le contenu créatif. Un peu comme Denis Lepage (Lime) et Pierre Perpall (Purple Flash, Pluton and the Humanoïd), Louie Louie voulait faire un groupe de studio. Le père de Marc Fontaine était propriétaire du "Studio Fontaine" (aujourd'hui Lamajeure); donc l'accès à de l'équipement d'enregistrement était facile pour eux.
Nudimension est un des groupes Électro Québécois ayant le mieux capturé l'esprit musical de son époque. Presque personne ne se souvient d'eux aujourd'hui mais il y a 25 ans, pendant un certain temps, on pouvait les entendre sur la majorité des stations radio & télé. Malheureusement pour nous, aucun albums regroupant leur chanson n'est sorti à ce jour et les quelques 45t de l'époque sont très dur à trouver.
Par contre, fait assez rare, Nudimension ont laissé beaucoup de vidéoclips derrière eux. Très tôt Nudimension ont compris le pouvoir des images. Ils sont définitivement le groupe Électro québécois en ayant enregistré le plus. L'explication est fort simple. Avec d'autre, Marc Fontaine produisait l'émission phare montréalaise "Musi-vidéo" sur une chaîne de télévision communautaire anglophone CF cable TV. Nudimension avait donc du contenu video dès le début des vidéoclips et un accès privilégié pour le présenter. Marc Fontaine a d'ailleurs créé une page Youtube regroupant tout les clips de Nudimension.
Grâce aux patientes heures de numérisation de Marc Fontaine, les archives de "Musi-vidéo" aussi sont disponibles sur sa page Youtube. Psyquébélique vous encourage à consulter ce site. Les archives de Musi-vidéo sont une mine d'or d'informations sur la scène Montréalaise pré-MusiquePlus. On peu malheureusement y constater le ravage identitaire que l'échec du référendum de 1980 à eu sur l'attachement des jeunes à leurs langues. Très peu de clips sont en français. Mais c'est tout de même fascinant de voir la genèse de l'objet médiatique qu'allait devenir le vidéoclip. Au tout début ce n'était souvent que des perfomances filmés. Un peu d'éclairage et de montage. Lip-synché dans la majorités des cas. Le vidéoclips commençait à peine à devenir l'outil de promotion, le culte, l'industrie, qu'il est devenu.
Ce qui est important de Nudimension selon moi c'est que :
1-Ils étaient là dès le début du vidéoclip 2-Ils chantait en français 3-Ils faisait LE style musical qui à le mieux vieillit de cette époque: l'Électro 4-Ils le faisait bien
La pièce "Amour programmé" est leur plus gros succès et fut un tubes de l'année 1983. Leur deuxième succès fut "Obsession". La version anglaise (Rendez-Vous) aurait été édité au Mexique sur l'étiquette Peerless et aurait été numéro #1 au palmarès. Leurs autres 45t de l'époque sont particulièrement dur à trouver. De mes yeux, je n'ai vu que "Amour programmé" (1983 / illusion) et "Obsession" (1983 / Saisons). À ce sujet, Marc Fontaine m'écrit que:
Pour ce qui est des 45t et 12p...il a aussi eu "Obession" anglais (nommé "Rendez-vous"), "Planète Sauvage" français, "Hors-la-loi" français, "Big Boy" au É.U. (anglais) seulement. Il y a (sûrement) d'autre que Ben Kaye a sorti un peu partout en europe (Amérique Latine) mais je ne suis pas sur quoi ou quand, parce que desfois il faisait des passes sans nous en parler
En effet le célèbre Ben Kaye a été l'impressario de Nudimension. Il a aidé le groupe à bien se positionner au Québec et à se faire connaître à l'étranger (notamment avec "Amour Programmé"). Malheureusement pour eux, au moment même où le groupe commençait à prendre son envol, un vieil ami de Kaye (René Angelil), est venu lui demander son aide pour démarrer la carrière d'une jeune chanteuse (une certaine Céline Dion). Malgré un début très prometteur, le groupe ne s'est jamais trouvé un impressario aussi efficace par la suite. Ce fut en quelque sorte, le début de la fin de Nudimension. Ils ont continués à tourner des clips et étaient diffusés sur divers émissions "vidéo" à l'époque; mais Louis Rondeau parle d'une certaine panne d'inspiration et d'une frustration face à la stagnation professionnel post-Ben Kaye. La mode musicale commençait à changer aussi vers la fin 80. Le "contenu adulte" de certains des derniers clips a du les barrer de certaines émissions.
Écoutez l'entrevue:
Louis et Marc nous brosse le portrait d'une époque: la scène électro de 1981-86 (avant la fondation de Musique Plus). Une scène fragmentée, manquant de solidarité. Ils y parlent de l'après 222's; du processus créatif; des collaboration avec François Matte; de l'avant et après Ben Kaye pour Nudimension; en passant par le tout premier groupe de Louis "Octopus".
Avis aux interessés ! Une réédition est des succès de Nudimension est maintenant disponible sur itunes.
Louis espère un jour que les chansons de Nudimension soient reprises par des groupes de la deuxième vague Électro. Écoutez tout de même "Obsession" qui date de 1984. Les côté A et B de ce 45t sont identiques.
Estelle Reich c'est d'Estelle Éthier. Elle était la clavieriste du groupe Bill. À ma connaissance "Complètement gaga" est son seul enregistrement sous ce pseudonyme. Selon les crédits, elle fut aidée par J.F. William et Serge Laporte (tout deux membres du groupe Bill avec elle). Autant dire qu'il s'agit d'une compo de Bill.
La pièce est sorti en 1983, la même année que le dernier album du groupe. Ce 45t est sorti sur le même étiquette aussi: "Tracey". Il est fort à parier que cette maison de disque était l'oeuvre du producteur des albums de Bill: Steven Tracey Eisenberg. Pourquoi Reich ? Des trois albums de Bill, la seule chanson sur laquelle on a pu entendre chanter Estelle Éthier c'est sur la pièce: "Ma nuit avec Adolphe". Peut-être y a t'il un lien entre cette chanson et son nom de scène "Reich" ... Adolphe (Hitler).
En 1990, elle sortira un album sous le nom de "Estelle Esse".
"Complètement gaga" est une compo qui met l'accent sur les claviers, rien de très surprenant venant d'une claviériste. Ils y sont par moment très incisifs (probablement dû à l'utilisation d'un vibrato). Guitare et batterie accompagnent le tout évidemment. Le texte quand à lui, dénonce les effets de la pub. D'ailleurs, on intègre des extraits de commerciaux et de sonnette de porte (colporteur).
Rien de très extraordinaire, mais tout de même une bonne compo.
Cesarez semble avoir été un micro groupe. Et par micro, j'entend une seule chanson de produite.
D'après mes recherches, Cesarez aurait probablement même été formé par un couple d'amis. La chanson (ou du moins le texte) aurait été écrite et chanté par Cécile Gravel et/ou Danielle Godin. La production était de Gilles Gravel et Yves Godin (frère ou mari ?). L'info la plus complète semble venir de la version anglaise en 12" (If You Can Count) sur l'étiquette Lotus. Tous les noms y figures sauf un: M. Serpan (que l'on voit sur la version 45t). Fait interessant, la version anglaise a été reprise au Étas-Unis par "Janet Dailey And Senses".
Le style de voix de la chanteuse rappel un peu celui de la chanteuse française "Lio". Le texte est assez typique de l'époque Électro-pop, quoique léger en superlatif technologique. Voici un exemple:
"...Informatique à la cybernétique. Au loi des corps physiques tu mêles des rythmes poétiques..."
Le son est synthétique comme toutes bonnes compos Électro. L'emphase est mis sur les claviers et persussions. Rien de très rapide mais tout de même accrocheurs. Psyquébélique vous les deux version de ce 45t.
Trans-X c'est surtout Pascal Languirand; fils du célèbre animateur de Radio-Canada.
Après avoir commencé sa carrière musicale avec le nouvel âge (trois album de 1978 à 81), Languirand prit le virage Synthpop en 1981 en fondant Trans-X. Le groupe connu un succès Canadien dès le départ avec son premier single "Living On video" en 1981. La carrière de cette seule chanson mérite presque une biographie en soi tellement elle a connu de rebondissement. Disons brièvement que la chanson fut traduit en français 83, puis resortit en 1985 sur d'autres étiquettes en Europe. Elle a été remixé et repris par différents artistes depuis.
Deux albums de Trans-X existe. Sur Matra en 1983 "Message on the Radio" au Québec (mais à l'étranger l'album portait le nom de "Living On Video"). Et en 1988 l'album "On my own". J'exlus ici toutes compils de succès. Tout les compos/claviers étaient de Pascal Languirand mais lors de l'enregistrement du premier album, le groupe était composé notamment de Pierre Lacoste au percussion, Guy Abbrassart à la guitare, Daniel Bernier, Steve Wyatt, Dominique Nicodemo auraient co-écrit quelques chansons. Daniel Bernier avait produit l'album.
Trans-X commençait généralement par sortir des singles, puis un album compilait le tout quelques années plus tard. La discographie complète de Trans-X est disponible sur itunes et le groupe à un site pour les intéressés. Plusieurs des chansons que Pascal Languirand composat de 1981-85 sont parmi les meilleures du style à être sortie du Québec. Languirand est un des rares Québécois de sa génération, à avoir eu un succès international dans le style Électro/Synthpop. La version anglaise de "Vivre sur vidéo" a été très populaire au Étas-Unis et en Europe. La pièce a été repris par plusieurs étiquettes de disques étrangère. À part pour "Men Without Hats" et "The Box", rares sont les groupes Électro d'ici à avoir percé ailleurs qu'en France.
Malheureusement pour nous, Trans-X a très peu chanté en français. La vague Électro est arrivée en même temps que deux autres gros évenements: l'échec référendaire sur l'indépendence du Québec (1980) et la crise économique (1981). La morosité ambiante avaient réussi a effrité l'attachement identitaire. Pendant ces années, beaucoup de musiciens Québécois s'étaient mis à chanter en anglais. Aussi, le succès mondial instantané des frères Doroschuk (Men Without Hats) en avait fait rêver plus d'un.
Trans-X ne fit pas exception. À part pour "Vivre sur vidéo", la seule autre pièce chanté en français fut "Josée". Fait interessant, le texte de "Josée" avait été écrit par Lise Grégoire de Chiffon. Cette pièce parue originalement en anglais sur l'album éponyme de 1983 mais fut ressortie en version française sur le deuxième album cinq en plus tard.
Languirand aurait quitté le groupe en 1985. Donc avant la sortie du deuxième album. Ça expliquerait sûrement le manque de succès "On my own" en 1988 et la fin du groupe à toute fin pratique. Un album sous le nom de Trans-X est sorti en 2003 mais Languirand semble avoir été +ou- impliqué.
Psyquébélique vous offre possiblement les deux meilleures pièces du groupe: Vivre sur vidéo/Digital World. Ce 45t est sorti sur l'étiquette "Illusion" en 1983.
"Vivre sur vidéo" est une pièce interessante à tellement de point de vue. Premièrement, on y retrouve un orgie d'effets sonores de jeux vidéo. Le refrain lui même est un effet sonore de pistolet Laser combiné avec les notes de clavier. Deuxièmement texte utilise des références technologique typique de l'Électro. Étrangement, l'intro semble intégrer des sons de "machine à boule" et non de jeux vidéo.
Voici un disque d'un pianiste Québécois d'origine Haïtienne.
Henri Pierre-Noël aurait cinq disques à son actif mais je n'ai jamais vu autres que les deux premiers ("Piano" et "One More Step") les trois autres sont en CD. Ces deux disques vinyles date l'un de 1979 et l'autre probablement début 80. Le style est un Funk/Disco Latin. C'est assez rare pour ici, mais c'est aussi un peu tard pour faire ce type de musique. Par contre, presques toutes les compositions sont originales et l'exécution est vraiment excellentes.
Comme le titre l'indique, les pièces sont construites autour du piano. Le résultat donne parfois l'impression que le reste des instruments ont été mis de côté. Les autres musiciens, qui ne sont pas identifiés, sont tout de même très bon. On peut entendre: batterie, basse, orgue. Le Son d'Henri Pierre-Noël, peut faire penser aux albums que Money Mark (clavieriste des Beastie Boys) sortira 15 ans plus tard. La combinaison simultané de piano et clavier est un assez unique.
Son deuxième album (One More Step) est sortit sur l'étiquette "Reveal" et est le plus prisé. Je n'ai jamais compris pourquoi, car "Piano" est au moins aussi bon. Peut-être est-ce l'utilisation de l'anglais pour le titre de l'album et des pièces de "One more Step" qui attire les collectionneurs étranger ? Peut-être aussi est-ce l'utilisation des mots "Funky" ou "Afro" dans les titres ? Peu importe, quiconque écoute attentivement, voit au-delà de cette surface. Les deux s'équivalent.
L'album "Piano" est un pressage privé. Aucune étiquette de disque, clairement auto produit. L'illustration sur la pochette est étrangement similaire à celle de l'album "L'oiseau de feu" de Serge Fontane.
Les meilleurs pièces sont peut-être "Diskette" et "Merci bon dieu". Mais jugez par vous même.
Dans le cadre des vendredis "Freak out total" du Zoobizarre, j'aurai le plaisir de partager la table tournante avec Mingo l'indien ce vendredi 17 avril. Les portes ouvrent à 22h et l'adresse est 6388 St-Hubert (métro Beaubien).
Il existe plusieurs Jacques Alexandre listés sur internet mais aucuns sembles correspondre à celui-ci. Son identité reste un mystère.
En écoutant l'album, le premier réflexe est de dire: "c'est un français", à cause de l'accent. Mais Alexandre n'est cité sur aucuns sites en France (ou sur internet en général). À ma connaissance, son seul album, a été enregistré au Québec avec des musiciens Québécois (sur l'étiquette RCA Victor). Par contre la majorité des pièces ont été co-écrites avec un certain "H. Watine" (probablement Hervé Watine...belge ?). Même sa "pré-carrière" semble avoir été fait au Québec. Deux 45t probablement enregistrés avant son LP sur RCA Victor, sont sur l'étiquette "Astra" Laurentian Music Limited (ce qui sonne assez Québécois).
Notez que sur ce 45t il signe J.R. Alexandre. D'après mes recherches, il serait né en France. Et aurait émigré au Canada au moins le temps d'enregistrer ce disque après... qui sait. Si on se fit au parole de sa chanson "Géraldine" (sortie en 45t seulement), il semble s'adresser à sa fille, et dit: "Tu viendras rejoindre ton papa au Canada". Enfin.
Toujours est-il que l'album de Jacques Alexandre est clairement sous estimé. Il date de 1972 et passe par plusieurs styles: R&B, Pop orchestrée, balade etc Presque toutes les pièces tirés de cet album sont sortis en 45t (sur RCA Victor), dont au moins un avec pochette.
La pièce "Plus haut", semble avoir été marqueté comme le succès de l'album. Cette compo acoustique est effectivement très bonne. Elle repose essentiellement sur le rythme des clappements de mains, de l'harmonica et des choristes. Le tout donne un son quelque part entre le Gospel et le R&B.
Une autre excellente compo de l'album est "À trop aimer (2ième partie)". Cette pièce est la suite d'une balade du même nom qui la précède sur l'album. Mais cette version instrumentale est plus percussive et est accompagnée d'un choeur. Typique d'une certaine Pop de cette époque.
Étrangement la meilleure compo selon moi ne se retrouve sur aucuns des nombreux 45t. "Ma vénus de Milan" est une compo que je qualifierais de "Pop orchestrée". Guitare Wah wah récurrente, section cuivre à tout casser, basse omniprésent, flûte traversière. Le genre de pièce qui reste en tête après écoute. Incroyable que cet album ne soit toujours pas réédité !
Pour continuer ma série sur la vague Funk mi-70 au Québec, voici un album que Nanette Workman a fait en 1976. C'était son cinquième en carrière. Le deuxième après son retour d'Europe en 1974 (ou elle fut choriste entre autre pour Les Rolling Stones et Johnny Hallyday).
Comme pour son quatrième et son sixième albums, celui-ci est sur l'étiquette Pacha. Sans necessairement dire que Pacha était LE studio Funk québécois; cette maison de disque semble tout de même avoir été le lieu de quelques enregistrements clés du Funk/Disco au Québec. Pensons notamment à "Le Pouls" 1976, "Zig Zag" 197?, et trois disques de Nanette (Lady Marmalade (1975); Nanette Workman (1976); Nanette Workman (1977)). Toutes les pièces de ce cinquième album avait été co-écrites soit avec Angelo Finaldi, George Thurston et/ou Yves Martin. Les musiciens ont presque tous eu une carrière solo et endisqués sur les albums des uns et des autres. Ils ont aussi la particularité d'être des musiciens Québécois non "pure-laine" ayant fait carrière au Québec et en français (pour notre plus grand bonheur) ex: Richard Tate, Hovaness Hagopian, Angelo Finaldi, Jim Zeller...
Cet album contient un mélange de balade, de Hard Rock, de disco mais surtout deux pièces Funk (Je me fou, Quelqu'un qui m'excite).
"Quelqu'un qui m'excite" met en vedette l'harmonica de Jim Zeller. Est-ce un Blues Funky ou un Funk avec de l'harmonica ? Le résultat est assez unique en tout cas. En plus le son l'harmonica semble avoir été traité par quelconque filtre donnant une sonorité quasi aquatique (vers la fin de la pièce).
La meilleure compo de l'album est sans contredit "Je me fou". Peut-être la meilleure compo Funk québécoise après "Le doux renard" de Jacques Crevier et son ensemble (B.O. de Après-Ski). Deux guitares wah-wah, un orgie de percussions et une basse qui ponctue le tout.
Très peu d'info officiel existe sur Quintonal. Même l'endos de cette pochette est complètement blanche. Pas de nom de musiciens, pas d'années, de studio d'enregistrements etc. Mais grâce une conversation téléphonique avec Daniel Mercure (clavieriste) et un courriel de Martin Fournier (saxophoniste), j'ai appris que Quintonal auraient été actifs de 1973 à 1976 et était composé essentiellement d'étudiants du Conservatoire de Musique de Montréal.
Le courriel de Martin Fournier nous apprend que le grand Nick Ayoub (leur professeur au Conservatoire) aurait été pour quelque chose dans le formation de Quintonal:
"...Le groupe est né à l'initiative de Nick Ayoub qui avaient réunis Pierre Lafrenaye, Daniel Mercure et moi-même dans un groupe de jazz au Conservatoire de Musique de Montréal...
...À la basse, il y a avait alors Michel Demarchais et à la batterie, Jacques Lavallée... Pierre Pilon et Jean Pellerin les ont remplacés peu après.
...Quintonal était (à la fin) composé de Pierre Lafrenaye (trompette) ; Daniel Mercure (claviers) ; Pierre Pilon (batterie) ; Jean Pellerin (basse); Martin Fournier (saxophone et flûte).
Nous avons fait deux tournées pour les Jeunesses Musicales. L'une dans l'Ouest canadien (une quarantaine de concerts), l'autre au Québec (idem) ; Ça se passait en 1975 et 1976..."
Leur seul enregistrement est celui-ci (un EP en 33t, deux pièces de chaque côté). Pressage privé de +ou- 300 examplaires et vendu dans leur spectacle exclusivement.
Daniel Mercure me disait que les spectacles de Quintonal intégraient une partie pédagogique expliquant "l'histoire du Jazz; de Louis Armstrong à Aujourd'hui" (1975). Le côté A du EP inclu d'ailleurs deux "vieilles" reprises Jazz (That's a Plenty, Boplicity).
Mais les deux compo du groupe du côté B (Antoine, Sept-quatre) sont vraiment les meilleurs.
Antoine est un excellent funk. Batterie, basse, clavier, trompette, saxophone. Aucun temps mort. Écoutez vers 2:15; la trompette émet un drôle de son, presque électronique.
Le style des pièces "Antoine" et "Sept-quatre" est très Jazz fusion, quelque part entre Jérémie de Lee Gagnon (1973) et le dernier album de Nick Ayoub (1977).
Voici l'album le plus connu de Roger Simard. Enfin, connu si vous vous intéressez au Jazz du Québec au point de le ramasser en vinyle.
Pour ceux qui l'ignore encore, Simard est un batteur ayant oeuvré dans le Jazz. Il est de la même génération que l'autre grand batteur Jazz québécois; Guy Nadon. Les deux sont nés dans les années 30, mais Simard a laissé un peu plus d'enregistrements derrière lui.
Il a accompagné en tournée et en studio plusieurs grands noms du Jazz d'ici (Nick Ayoub, Jerry De Villiers, Willy Girard, Yvan Landry....). Il a été à la tête de plusieurs groupes dont quatre duquels sont sortis un album. Comme tout grand musiciens, il a même atteint le stade "d'arrangeur" à un certain moment donné. Et finalement, Simard a terminé sa carrière comme enseignant dans les années 80 dans la région de Drummondville.
Comme je l'ai mentionné, Simard a fait quatre albums, mais je rajouterais que seulement deux sont Jazz et "sérieux". Les deux autres semblent avoir été des disques de commande.
Commençons par les moins bons. Dans la série "à go-go", Simard à fait: Drum à go-go/ 1966 / RCA Victor. Certes les choix de pièces et l'interprétations sont intéressantes mais disons que ce disque apporte peu à l'histoire de la musique (surtout à l'histoire de la musique québécoise puisqu'il s'agit que de reprises étas-uniennes).
L'autre est le vol.3 de la série thèmes & mélodies / Céleste / 1977. On parle ici de "easy listening" sauce québécoise. Pas totalement désagréable, mais faut être assez ouvert d'esprit (musicalement) pour aimer. Rien qui se mettrait sur une piste de danse donc.
Maintenant passons au choses sérieuses. En 1977 (comme je l'ai mentionné dans un article précédement), il sort "Encore" dans la série Transcription de l'étiquette RCI. Oui, il y a des pièces "easy listening" mais ce sont ses compo. On y retrouve aussi des compo Jazz et une funky (l'excellente "P.S. Spécial").
Mais c'est en 1973 que Roger Simard enregistre un bijoux dans la série Jazz Canadiana. Il y dirige un nonet:
Saxophone, flutes, piccolos: John Christie, Joe Christie, Jean Lebrun Trompette, flugelhorn: Alan Penfold, Gilles Laflamme Trombone & trombone basse: Claude Blouin Guitare: Richard Ring Basse: Vic Angelillo Batterie: Roger Simard
Pour lui, l'époque est à l'expérimentation et à la pop. Il essaye de rendre le Jazz accessible pour les plus jeunes dans un mélange de vieux et de neuf. Simard est alors agé de 40ans et est un doyen parmi parmi les jeunes baby boomers. Il avait roulé sa bosse depuis les années 40 et en avait vu d'autre. Il nous en met plein la vue sur ce disque. Dans des structures clairement Jazz, il intègre allègrement guitare fuzz ainsi qu'un style de batterie préfigurant le disco. Un mélange de vieux et de neuf quoi.
Les sept compo, sur ce disque sont des compositeurs/arrangeurs (et musiciens dans certains cas): Jean Lebrun, François Morel, Marc Bélanger, Claude Blouin. Les meilleurs sont celles de Jean Lebrun.
Prenons par exemple la pièce "Joie". C'est le troisième mouvement d'une suite Jazz nommée "Portrait de Louise" (la femme de Lebrun). Batterie, guitare électrique, et grosse section cuivre. La guitare électrique y fait une entrée spectaculaire (vers: 0:10 dans l'extrait), puis le lourd sax prend la relève. Écoutez aussi le bridge de trompette vers 1:44. Il est accompagné de cuica (donnant un son étrangement similaire au cris d'un singe), et d'une batterie soutenue très disco.
L'autre excellente compo de Jean Lebrun sur cet album se nomme "Marni" (son chat). Au niveau percussif, Simard met l'emphase sur la tambourine. La guitare électrique passe de Wah Wah à Fuzz. La flûte et la basse viennent alléger le ton chacun leur tour. Et finalement les cuivres. Ils y sont omniprésent et font le pont entre les solistes. Faut entendre !
Dans le cahier Expresso du Journal "La Presse" du dimanche 15 mars 2009, est paru un article de Jean-Christophe Laurence: "I'm a blog you're a blog kiss me !" Monsieur Laurence y parle des blogs musicaux québécois de mes collègues et moi.
Le Pouls c'était le surnom de Denis Lepage. Mais il faudrait tout d'abord préciser lequel car ce nom est au Québec ce que John Smith est au Étas-Unis. Juste dans l'industrie musicale il existe au moins trois Denis Lepage: Un chanteur country Québécois, un banjoïste Franco-Ontarien, et l'homme derrière (entre autre chose) l'album "Le Pouls".
Connu par certains comme claviériste. Par d'autre comme compositeur & arrangeur pour divers chanteurs/ses dans les années 70. Par d'autres encore comme celui qui "pondait" des tubes Disco dans les années 80. On peut affirmer que Denis Lepage semble avoir été un homme de studio, rarement frontman, mais facilement capable de s'adapter à l'époque musicale dans laquelle il évoluait. Son premier enregistrement date du début 60 lorsqu'il avait 16ans (le groupe Rock'n Roll "Les Stringers"), et aussi récemment que 1994, il sortait un disque Jazz (Denis Lepage Jazz Quartet). Ces jours-ci, il semblerait que Lepage soit devenu transexuel et "performe" sous le nom de "Nini No Bless". Avec le recul, c'est peut-être ce qui expliquerait l'étrange concept sur la pochette. Je vous encourage à aller voir sa page myspace. Incroyable. Il n'y a presque aucun style musical auquel il n'a pas touché.
Denis Lepage était aussi multi-instrumentiste et on a qu'à regarder les crédits du disque "Le Pouls" pour comprendre: voix, flugel horn, trompette, piano électrique, orgue Hammond, clavinette D-6. En fait, on pourrait dire que ce disque est probablement la première tentative de carrière solo. Mais aussi la première collaboration avec sa femme Denyse. Plus tard ils auront beaucoup de succès dans le Disco. Donc "Le Pouls" est une sorte de prélude au duo "Lime" qu'il formeront dans les années 80.
Mais revenons en 1976, nous sommes en pleine vague funk dans la pop Québécoise. Claude Dubois, Boule Noire, Ville Émard Blues Band, Ovila, Richard Tate, Nanette Workman, Luc Cousineau etc.. ont sorti ou sont sur le point de sortir des albums avec plusieurs compositions "Funk". Denis Lepage fait parti de certain de ces enregistrements. En Janvier/février de cette année-là, il enregistre son album "Le Pouls". Majoritairement instrumental, l'album est un incontournable pour tout collectionneur sérieux de Funk / Jazz. Quatre pièces sont justement funk ou Jazz fusion (les instru "Pougalou", "Hymne au soleil", "Le vieux beboop sale" et "Do it" chanté en anglais par Lepage). Il y a aussi deux autres compo que je qualifierais de Progressive ("Océan cosmique" & "Le soleil, la terre et toutes les autres planètes").
Tous composés par Lepage sauf "Le vieux beboop sale" (du bassiste Robert Alary) et "Le soleil, la terre..." (co-écrite avec le guitariste Robert Goulet). Trois balades ("L'Amour l'Amour", "Baby Baby", "Le bonheur est chez moi") sont co-écrites et chantés par sa femme Denyse (qui est crédité au conga également).
Les compo plus intéressantes, selon moi sont les pièces "Hymne au soleil", "Pougalou", et "Le vieux beebop sale". Les claviers de Lepage sont évidemment le point fort de chaque pièces.
"Le vieux Beboop" sale est composé dans l'esprit des thèmes de série policière de l'époque (Blaxploitation, Jazz fusion). L'intro est spectaculaire. Chaque instruments rentre un après l'autre, et rajoute une couche (clavier, batterie, basse, cuivre).
"Hymne au soleil" est similaire en construction si ce n'est de la flûte traversière qui allège un peu l'atmosphère. Fait à noter, cette pièce figure sur la compil "Les meilleurs groupes de notre époque", sortie en 1976 et regroupant majoritairement des groupes rock et/ou progressif de l'époque.
Pour terminer, "Pougalou". Il s'agit d'un funk pur et dur reposant sur la section cuivre et la guitare Wah Wah.
Au Québec il n'y a pas eu beaucoup d'exemples de batteurs qui ont décidés de faire carrière solo. En voici un.
Pour continuer cette série sur la vague funky Québécoise mi-70, parlons de Richard Tate. Après avoir été batteur dans des groupes tels que "Les Mersey's", "La Révolution Française" et "Les Sinners", Tate décida de partir solo en 1974. Trois albums portent son nom:
-Tête à Tate / Deram / 1974 -Richard Tate / Martin / 1976 -Richard Tate / ABC / 1977 (anglais, reprenant les pièces des deux autres)
Sur Tête à Tate, il y joue guitare électrique, acoustique et bien sûr la batterie. Je rajouterais qu'il était très bien accompagné: Guitare électrique: Walter Rossi, Richard Tate, Michel Pagliaro Guitare acoustique: Nanette Workman, Angelo Finaldi, Richard Tate Batterie: Richard Tate Percussion: Richard Tate, George Thurston Guitare Basse: Angelo Finaldi Piano: Nanette Workman Eminent: Tony Roman Saxophone ténor, alto, soprano: Liebert Trompette: Denis Lepage Vocal: Richard Tate, Nanette Workman, Angelo Finaldi, George Thurston
Fait intéressant à noter; tout comme Tate, la quasi totalité des musiciens sur cet album sont eux mêmes multi-instrumentistes et ont eu une carrière solo. Le résultat est un album de musiciens de studio riche en texture. Il se passe pleins de choses musicalement dans chaque morceau (percussions, guitares, voix, cuivres etc).
Vers la mi-70, tous les musiciens listé ci-dessus, se retrouvait sur les albums respectifs des uns et des autres. En effet, ont parle ici d'une "clique" bien précise de musiciens Montréalais: Nanette, Angie, Tate, Pag, Thurston (Boule Noire), Tony Roman. Sont tous des musiciens ayant roulés leur bosse dans les années 60 mais éclosent dans les années 70 (à part peut-être pour Tony Roman). Ils sont aussi tous des Québécois ayant des noms de famille "étranger" mais faisant carrière au Québec et en français. Tout de même bizarre qu'on les retrouvaient si souvent ensemble.
Mais revenons à "Tête à Tate". Certaines pièces sont du type Rock "classique" (Ce n'est jamais mon tour, Bien dans ma peau). Le genre de pièces qu'on entendraient à la station de radio CHOM si elle était plus ouverte à la musique Montréalaise.
Au moins deux compo sont Funk (Road Runner, J'viens de m'réveiller), mais les deux sont très différente dans le genre. J'viens de m'réveiller, est un funk rapide et très 60's / James Brown. Tout est dans la guitare wah wah et les cuivres. La pièce est moins de 2 minutes et n'est même pas listé sur la pochette (que sur l'étiquette du disque). S'agit'il d'un ajout de dernière minute ?
Road Runner, est un funk très lent et sensuelle. Une adaptation méconnaisable d'une pièce de Jr Walker portant le même nom. L'intro est particulièrement spectaculère au niveau rythmique. Une énergie érotique se dégage de cette pièce et je n'arrive pas totalement à comprendre pourquoi. Peut-être est dû au jeu des deux guitares ?
Même la balade "J'ai compris" à un petit air funky. Généralement pour une balade, on y va molo sur les percussions. Pas Tate. "J'ai compris" est possibelement la balade ayant la section percussive la plus complexe que j'ai entendu.
Ovila Blais est un de ces rares musiciens blancs Québécois à avoir un sens du rythme "noir".
Le funk et le soul ont eux de la misère à s'implanter au Québec. Il n'y a pas de racines très profondes remontant à la fin des années 60 comme au Étas-Unis. Il y a eu des cas isolés: Pierre Perpall, Claude Dubois, la B.O. d'Après Ski... Mais ce n'est pas avant 1974-76 qu'on va voir apparaître au Québec des albums avec plusieurs compositions Funk. Je parle ici des albums de Boule Noire, Nanette Workman, Luc Cousineau, Richard Tate.
Ovila Blais fait parti de cette vague Funky qui rentre en force mi-70. Il avait déjà sorti un 45t quand "Pass'moé un Québec" est paru en 1976 (le très rock: "Carré St-Louis Inn" / Canusa 1971). En fait, deux 45t si on compte celui paru sous le nom de "Hum" (Suis-moi/ Attends DSP 1972) dont mon collègue de Patrimoine PQ à fait la critique.
Comme sur Hum, Denis Lepage aide Blais aux arrangements. Par contre, pour "Pass'moé un Québec", se rajoute à eux Hovaness Hagopian. Avec le recul on pourrait dire que Hum était un avant goût de l'album à paraître quatre ans plus tard.
Le titre "Pass'moé un Québec" est un drôle de jeu de mot (notez que le titre de l'album et de la chanson diffère légèrement). Il s'agit d'une variation sur l'expression se faire "passer un sapin" (se faire avoir). Une situation malheureusement trop familière pour les francophones de l'Amérique du nord.
La quasi totalité des morceaux de cet album sont excellents. Clavinette, cuivre, guitare wah wah, conga, batterie syncopée. Tout les ingrédients sont réunient. Des pièces Funky "Passe moé un Québec", "Duo réflexions", "Idées pensées", aux rock "Saprement hâte", "Le p'tit rock" ou les balades "Mon bébé, mon amie", "Grand ménage sur Christophe-Colomb".
En plus d'être un multi-instrumentiste extraordinaire, Ovila Blais s'était entouré de tout une équipe pour cet album. La liste est impressionante: Contrebasse électrique: Claude Arsenault, Robert Alary Parenteau Guitare: Ovila, Robert Goulet, Hovaness Hagopian, André Angélini, Germain Gauthier Batterie: André Leclerc, Richard Patry, Andy Shorter, Pierre Ringuette Conga: Tony Piano: Ovila, Denis lepage, Yvan Brault Piano électrique: Ovila, Denis Lepage Cavinette, Synthétiseur, trompette: Denis Lepage String man: Ovila Saxophone: Richard Beaudet Voix: Ovila, Denis & Denise Lepage Choriste: Geraldine Hunt, Christiane Robichaud
Enregistré dans trois studios différents (Denis Pantis, RCA et Québec son) en 1975-76, "Pass'moé un Québec" est selon moi un classique indémodable. C'est l'album que j'emmènerais sur une île déserte. J'ignore pourquoi Ovila Blais s'est arrêté après. Son style DEVRAIT inspirer les musiciens d'aujourd'hui, mais pour cela il faudrait qu'il soit réédité en DC.
Mardi dernier (17 février 11h) à la première chaîne de Radio-Canada, l'émission de Christiane Charette faisait un topo nommé "Les trésors perdus de la pop québécoise". L'historien Robert Thérien (Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-92) et le journaliste Jean-Christophe Laurence (La Presse / cahier actuel) étaient les invités. La discussion tournait autour de l'indisponibilité en format DC de très gros nom de la chanson d'ici. Claude Léveillée, Ginette Reno, Vos Voisins, Aut'chose...
Les invités conclure que cette injustice était dû au fait que la majorité des enregistrements de ces artistes étaient entre les mains de maisons disques étrangères. Même si ces "majors" de l'industrie musicale possèdent les "trésors de la pop québécoise", le marché Québécois est trop insignifiant (selon eux) et ne vaut pas l'argent qu'une réédition DC coûterait (privant ainsi le peuple de sa culture). Et ce même s'il s'agit de géant comme Claude Léveillée ou Ginette Reno. Aucune conscience sociale, "strictly business".
À la toute fin de l'entrevue les auditeurs était invités à poursuivre la réflexion en visitant ce qu'on pourrait appeler "le cercle des bloggueurs de raretés musicales québécoises"; c'est-à-dire: Psyquébélique, Patrimoine PQ, Tête Carré, Vente de Garage et Mimi la twisteuse. Tant qu'à moi, Misérablement vôtre aurait dû faire parti de la liste.
Cette journée-là il y a eu beaucoup de visite sur Psyquébélique, au point de causer des problèmes affichage de contenu. Je m'en excuse mais c'était hors de mon contrôle. Bienvenue à tout les nouveaux lecteurs !
Voici un disque un peu moins connu de Georges Tremblay.
Petit rappel pour ceux qui l'ignore; Georges Tremblay est un de nos grands compositeurs/arrangeurs Québécois. Frère de Rod Tremblay, comme lui, il a été chef d'orchestre pour de nombreuses émissions de télé. Tout au long de sa carrière, il a surtout composé/arrangé pour d'autres artistes. Mais je connais au moins quatre albums portant son nom: "My fair Lady Discotheque", "Danse Gogo", "Cuivres & épices" et "Le neuvième silence".
Surtout présent dans les années 60-70, on l'a moins aperçu depuis 80, mais il a été non moins actif. Je vous encourage d'ailleur à aller visiter son site où vous trouverez plusieurs de ses albums en DC.
Il n'y a pas d'année d'inscrite sur cet album-ci mais selon mon estimé, il daterait de quelques part entre 1964-66. La totalité des pièces sont des reprises instrumentales. Ma préféré est: Le bonheur n'est-il pas fait pour moi ? Il s'agit d'une reprise méconnaissable d'une pièce de Trini Lopez de 1964 "What Have I got on my own". Les cuivres y sont prédominants, mais on y retrouve également guitare, batterie et orgue (d'où l'utilisation du mot Go-Go dans le titre de l'album probablement).
Je décrirais les arrangements comme un mélange de Jazz libidineux et de B.O. de film d'agent secret. Écoutez la trompette avec sourdine et vous comprendrez.
***Du nouveau*** Un lecteur m'informe que Joël Denis (et Hugues Aufray en France) en aurait fait une version.
Voici une deuxième émission radio enregistrée avec mon cher ami Peter Gunn. Peter est webmestre de Tête Carrée mais aussi co-animateur de l'émission radio "Clean & Humble" diffusée les lundi soir de 20h-21h sur les ondes de Viva-Radio (Brooklyn/New York).
L'émission fut enregistrée à Montréal lors de l'action de grâce américaine (c'est-à-dire le 4ième jeudi de Novembre 2008). Le contenu musical est Québécois et est plus ou moins divisé en quatre bloc: Électro, Jazz, Funk et Rock (Playlist disponible dans la section commentaires). Pour ce qui est du contenu verbal, Peter et moi y présentions Montréal au Américain.
Marc Drouin a marqué les années 80 au Québec. Par l'originalité de ses textes, par la qualité des gens qui l'entouraient, et par son choix de faire des "comédies musicales" (et non des "spectacles"); il a réussit à attirer l'attention du public.
Ses trois albums de cette décénnie (Pied de Poule 1982, Marc Drouin et les échalotes 1986, Vis ta vinaigrette 1987) sont des incontournables pour quiconque s'intéresse à la musique de cette époque. Ils lui ont mérité un succès d'estime.
Ce deuxième disque : "Marc Drouin et les échalotes" est probablement le meilleur des trois, mais reste assez méconnu. À part peut-être pour la pièce "Après l'école", qui se souvient/connait vraiment le contenu de "Marc Drouin et les échalotes" ?
Je dis "électro" pour être inclusif, mais certaines pièces sont plutôt électro-funk, d'autres sont électro-New Wave. Avec Kaméléon, Soupir, Top Sonart et Demars; Marc Drouin fait partit du club sélect d'artistes Électro/New Wave Québécois ayant sorti un album complet (la majorité des groupes du genre ne sortait qu'un 45t ou deux). Je dirais même qu'il a été le plus prolifique d'entre tous, puisqu'il en a sortit trois. Par contre ses deux derniers sont arrivés à la fin de la vague. Pour "Pied de poule" Drouin avait demandé les services du compositeur Robert Léger (Beau Dommage) et de nombreux chanteurs/ses. Pour son deuxième albums (mais dans les faits son premier "vrai" solo), Drouin pris plus de place au niveau du chant et demande à Germain Gauthier d'en faire la musique. Le résultat est étonnant. Plus de la moitié sont vraiment bonnes. Notons: Après l'école, Case 48, Marquée par la vie, et Autopsychanalyse. Ma préférée est cette dernière.
Fait à noter, le titre (Autopsychanalyse) est drôlement similaire au titre d'un album de Plume Latraverse sortit 3 ans plus tôt: "Autopsie canalisée" 1983.
Pour la plupart des gens le nom de Michel Brouillette n'évoque absolument rien. Pour quelques mélomanes, il évoque son avant dernier album Jazz/Fusion ("Pointe aux anglais" 1979).
Très peu de gens savent que Michel Brouillette a déjà été une figure musicale importante du monde de la télé Québécoise. Il a été chef d'orchestre, pianiste, compositeur et arrangeur pendant plus de 20 ans à la télé de Radio-Canada. Il a composé les indicatifs musicaux de plusieurs émissions: Monsieur B, Boubou, Tempo et Zoom. J'ai déjà écris sur son apport à la série "Musique du Québec" en six volumes. Les pièces arrangées par Brouillette sont clairement les meilleures (et les plus funky).
Il a fait quatre albums en tout et "Le club des autographes No.2" est son deuxième. Le titre vient du nom d'une émission musicale à Radio-Canada (1957-62) dont il était le chef d'orchestre.
La pièce "Tu peux" est peut-être la meilleure. Typique du Jazz de cette époque, elle est dans le style "big band" mais accompagnée d'un ensemble vocal.
Michel Brouillette est décédé en 2005. Il est un des grands noms du Jazz Québécois, mais comme bien d'autre, n'a toujours pas été réédité en DC à ce jour. Trois générations de musiciens Jazz ont été privé de son influence.
Zig Zag est un des rares groupes Disco Québécois à avoir composé des pièces que certains qualifieraient de "Space Disco" (Disco spatiale, Disco cosmique).
Par "spatiale" on réfère à l'utilisation dans les textes et/ou effets sonores surtout entendu dans un contexte de Science-Fiction. Je ne parle pas ici du New Wave/ Électro / Synth Pop des années 80 (qui était aussi très futuriste). Non avant ça. Précuseur à tout ça, il y a eu une sous catégorie de Disco au sonorité "science-fictive". Rappelons-nous que le Disco a fait surface à une époque (fin 1970) ou la science-fiction sortait de la marge et atteignait une popularité de masse (entre autre avec la trilogie de "La guerre des étoiles" mais aussi avec des émissions tel que "Buck Rogers", "Space 1999", "Battlestar Galactica").
Il existe plusieurs exemples montrant que ces deux courants se sont influencés. Autant on a vu des émissions/films de SF aux trames sonores Disco; autant certaines compositions disco intégraient des effets sonores utilisés dans certaines de ces émissions. Il y a eu plusieurs sorte de Disco et le "Disco spatiale" est une sous catégorie très intéressante, mais très peu pratiqué au Québec. Mentionnons tout de même Pierre Perpall (qui à fait 1-2 compo), et aussi le duo Michel Daigle/ Jacques Laflèche avec leur célèbre "Space Projet".
Toujours est-il que Zig Zag maitrisait ce style de façon surprenante, et ont composé ce qui est peut-être la meilleure pièce de Disco spatiale: "Discoville". Toutes les compo de leur seul album sont crédité à deux musiciens qui me sont inconnu:"Taj" Bolduc, "Dick" Torros (possiblement Réjean Bolduc et Jean Torros collaborateur de l'album Disco Zabé). L'album est paru sur l'étiquette Pacha mais aucune date n'y figure malheureuse. Psyquébélique vous offre la pièce Discoville.
À ma connaissance, Gaston Couturier n'a fait qu'un album. Mais quel album !
La quantité de musiciens est impressionnante, on frolle le 30. Les arrangements ne sont pas crédités mais semble être de Roger Magnan, Donald Habib, et Couturier lui-même (si on en juge par le credit à la réalisation à l'endos de la pochette).
Les pièces "Amigo" et "Je cherche un monde" sont d'excellents exemples du degré de sophistication musical. Cuivres, cordes, claviers et percussions donne un mélange de disco, bossa et Pop orchestrée.
J'ignore pourquoi Gaston Couturier n'a pas fait d'autres albums, peut-être que (comme a dit Philip K. Dick) "la lumière qui brille deux fois plus fort, brûle à moitié moins longtemps". Écoutez la pièce titre de l'album et vous comprendrez.
Voici une des rares chansons de noël que je trouve écoutable. Elle est des Cyniques et les arrangement de François Cousineau. Elle ne figure malheureusement sur aucun de leurs albums, seulement sur ce 45t. Elle avait été composé en 1968 dans le style Yéyé/Garage.
Nôwell est entrecoupé de dialogues, qui eux sont accompagnés à la batterie. Le résultat est très respectable pour une compo se voulant humoristique à la base.
Écoutez l'intro, c'est exactement la même que sur London Calling / The Clash 1979. Pur hasard ou plagiat de la part des Clash ?
Voici un album incontournable pour tout collectionneur de Jazz Québécois.
On pourrait presque dire que "The Montreal Scene" est un mythe fondateur et que 1964 est l'an zéro du Jazz Québecois.
Saxophoniste (tout comme Lee Gagnon), Nicholas Ayoub était un des géants du Jazz Montréalais des années 60-70 (avant de se consacrer à l'enseignement de la musique). Dès les années 50, il était l'un des principaux musiciens de studio en ville. Il accompagna plusieurs artistes sur divers enregistrement Jazz ou autre (ex: Claude Léveillée, Paul De Margerie, Maynard Fergusson).
"The Montreal Scene" est son premier album et est sur l'étiquette RCA/Victor. Ayoub y dirige un quintette, tout comme sur son dernier album ("Musique de Nick Ayoub" paru en 1977 sur l'étiquette Radio-Canada International). Les Musiciens sont: Saxophone/Nicholas "nick" Ayoub, Batterie/Émile "cisco" Normand, Contrebasse/Michel Donato, Piano/Art Roberts, Trompette/Al Penfold. On y retrouve plusieurs excellentes compo originales. En fait l'album au complet est excellent et s'écoute de A à Z. Prenez la pièce "Pillsville", c'est un excellent beboop très rapide. Autre exemple, "Bib and I" (composé avec l'ancien contrebassiste Donald Habib) et aussi "Montréal ouest" qui sont deux excellentes pièces dans le style "cool Jazz".
En guise d'avant goût, écoutez Montréal ouest. La pièce commence avec un échange entre le sax et trompette. Puis l'introduction du piano (vers 00:35) suivi de la contrebasse. Du bonbon pour les oreilles. Ma copie est en stéréo (et non la mythique version mono). Elle est malheureusement aussi un peu abimé. Donc je vous pris d'être indulgent.
***DU NOUVEAU*** Un nouvel étiquette de disque anglo Montréalais vient de rééditer en DC "Montreal Scene". Ear This Records détient maintenant les droits de diffusions de l'album, on me demande de retirer ma copie de Psyquébélique. Vous pouvez écoutez quelques pièces ici. ***DU NOUVEAU***
Pour conclure avec ma série d'article sur la musique de type "library", je me dois de faire un article sur les compilations "Thèmes & Mélodies" paru sur l'étiquette Céleste.
Quatres volumes en tout de 1974 à 1978. La quasi totalité des compositions sont de Marc Huard (debout à gauche sur la photo) ou d'Angèle Renaud et arrangés par Roger Simard ou Neil Chotem (debout à droite sur la photo). On parle bien sûr de "easy listening"; bien éxécuté mais rien de flamboyant.
Ma pièce préférée se trouve sur le vol.2 et se nomme "Les âmes seules". Composée par Marc Huard et arrangée par Neil Chotem. Elle met en vedette une harmonica, une voix et un basse électrique.
Des quatres albums des Satellipopettes, en voici un que Psyquébélique vous recommande.
Les Satellipopettes (1975-85) était bien sûr ce jeu questionnaire pour enfant ayant pour toile de fond la science fiction. Le but était pour chaques équipes de répondre au plus grand nombre de questions et ce faisant, construire un robot à coup de blocs gagnés pour chaques bonnes réponses. L'émission a donné naissance à l'expression populaire: "Bravo, deux morceaux de robot"
L'album "Le drapeau du bonheur" est sortit +ou- 1983. Composé par Roxanne Turcotte (du groupe Kaméléon) et arrangé par Roger Pilon, il contient 4-5 pièces Électro presque écoutables.
Les disques pour enfant avec des compo vaguement bonnes, ne sont rien de nouveaux. J'en ai parlé avec le 45t de Goldorak de Pierre F. Brault & Michel Robidoux. Mimi la twisteuse a récemment parlé sur son site d'un très bon disque espagnol. Sans oublier S.ébastien de Patrimoine PQ.
Là où celui-ci se démarque du lot je crois, c'est qu'il contient une pièce ayant un "message subliminal" (caché). Ce qui étonnent aussi (comme le faisait remarquer Frédérick), c'est qu'à cette même époque au Québec le père Jean-Paul Régimbald était en pleine croisade paranoïaque contre les messages subliminaux dans la musique Rock (surtout étrangère). Imaginez vous s'il avait su qu'un disque pour enfant en contenait un... ici même au Québec!
Faut dire que ce message est bien inoffensif par contre. La pièce en question se nomme "Bouboulougou". En gros la chanson parle d'une rencontre que le capitaine Cosmos et son équipage font dans l'espace avec cette créature nommée Bouboulougou. Vers 3:10 on entend la créature "parler" dans un drôle de language (on croit entendre Chewbacca dans la guerre des étoiles). Après avoir inversé ET accéléré le clip. Voici ce que l'on peut comprendre de ce que la créature dit:
N'ayez pas peur de moi, je suis très très gentil J'ai 3632 années lumières Je connais très bien Cosmos Je vous souhaite bon séjour dans l'espace
Un peu décevant. Finalement pourquoi se donner autant de mal pour "rassurer" les enfants. Je suis sûr que ce message est tombé totalement dans le vide à l'époque. Qui aurait pu repérer ce message sur un disque des Satellipopettes il y a 25 ans ? Et pire, qui ce serait donné la peine d'essayer de le décrypter ? Avec un ordinateur aujourd'hui c'est relativement facile, mais avec l'équipement analogue en 1983...
Voici un autre exemple de disque de "library" québécois. La majorité des pièces sont de Georges Tremblay, Jacques Laflèche ou Claude Denjean. Comme le titre le dit, il s'agit d'une compilation des divers thèmes d'émissions de Télé-Métropole (ancêtre de TVA) de cette époque.
Plusieurs excellentes compo allant du Bizzaro (Bienvenue à Patofville) au Easy Listening (À votre service). La meilleure pièce est selon moi (et Michel du site Misérablement vôtre) le thème de "la couleur du temps" (aussi nommé Oh Nancy).
Ce qui rend cette pièce intéressantes, sont les arrangements de Georges Tremblay. Les cuivres très solennels, l'utilisation de clavier, guitare Wah Wah, congas, flûte traversière et une l'harmonica. On dirait une sorte d'hybride entre le disco et le funk (clavier, congas, guitare wah wah); mais avec une petite touche mélancolique (harmonica). La structure en fait presque une pièce "progressive".
Finalement ces arrangements me font penser à ceux de François Dompierre, c'est à dire une compo très rythmée mais avec trop de passage lent pour pouvoir être utilisé sur une piste de danse.
Certains disent qu'au Québec il n'y a jamais eu de "Library music" (communément appelé "musique en canne" et utilisé comme thème ou musique de fond en radio/télé). C'est faux. Il n'y en a pas eu beaucoup certe (pas d'industrie), mais il y a tout de même eu quelques exemples digne de mention.
Tout d'abord pensons à la série "Thèmes & Mélodies" de l'étiquette Céleste 1975-1979 (arrangements Neil Chotem, Roger Simard). Puis l'étiquette Airedale de Luc Cousineau qui se voulait à la base une étiquette de musique instrumentale, de thème de radio/télé. Bien sûr l'objectif a changé en cours de route, mais il y a bien eu "l'album brun" de Cousineau 1976 dont "La valse de la Baie James" à été amplement utilisé dans les médias à l'époque. Sans compter les deux albums de Roger Gravel sur cet même étiquette 1976-77.
J'irais jusqu'à inclure dans "Library" le disque "Evidence of Yves" 1974 sur l'étiquette Célébration (une série de réarrangements des compositons d'Yves Lapierre), le disque de Lee Gagnon "Vive la canadienne" 1976 sur RCI ainsi que l'album "Stéphane Venne en 10 chansons (orchestral)" 1973 sur Barclay.
Sinon un incontournable du "Library" est la série "Musique du Québec" de l'étiquette Kébec-Disc en 1979. Il s'agit d'une série de 6 disques de reprises de 108 succès Québécois en versions instrumentales. Trois arrangeurs (Marc Bélanger, Gaston Rochon et Michel Brouillette sous la réalisation de Stéphane Venne), on exécutés cette tâche gigantestesque.
Le tout venait dans un coffret carton et les pochettes de chaques disques étaient illustrées de superbes reproductions de toiles du grand Marc-Aurèle Fortin.
"Musique du Québec" ressemble (point de vue look) à la série "Musique et musiciens du Canada, édition du centenaire (1967)" Célébrant les 100 ans de la confédération canadienne. Pour ce qui est du contenu par contre, les deux séries sont à des années lumières. La série canadienne incluait exclusivement de la musique classique. La série Québécoise se voulait plus grand publique (avec ses succès pop réarrangés). Le genre de compil de musique d'ambiance (à saveur local) qu'on aurait pu entendre dans une station de ski, un centre d'achat ou lorsqu'on est mis en attente au téléphone.
Cette série est riche en pépites musicales. Psyquébélique vous encourage à la re/découvrir.
Les arrangements de Michel Brouillette sont les plus funky de tous. Plusieurs de ses pièces sont méconnaissables. Écoutez par exemple sa version de "Angela" des Alexandrins sur le volume 1.
****Cet article concerne le compositeur/arrangeur Roger Gravel et non le chanteur country du même nom****
Roger Gravel est surtout connu comme un compositeur/arrangeur des années 70. Il était un des premiers artistes à signer sur l'étiquette Airedale de Luc Cousineau en 1976. Il sortit 4 albums en tout, "Piano Bar", "Roger Gravel", "Flashback" et "Un habit en Si bémol". Ces deux derniers disques sont souvent catégorisés comme étant du "Italo-Disco" (une branche du Disco considèré par certain comme kitsch).
Les premiers enregistrements de Roger Gravel furent assez discrets mais non moins intéressants. Dans les années 50-60, Il avait d'abord composé quelques thèmes d'émissions télé, et fait des arrangements pour quelques artistes (Michel Louvain entre autre). Mais sinon était resté dans l'ombre.
Vers 1965 il endisqua une série de 45t dont celui photographié ci-dessus qui est un 45t Jazz. Les arrangements des cuivres y sont vraiment excellent.
La pièce "Montréal la nuit" est presque un "standard" dans le Jazz Québécois. Elle aurait d'abord été endisquée sur le premier album de Jacques Michel "Grand prix du Festival du disque" en 1965 (merci à Stéphane pour l'info). Puis chanté par Bob Robie (Robert Robitaille) en 1966. Michel Como en a aussi enregistré une version chanté en 1967. La version que voici est celle de Gravel et est selon moi la meilleure.
Pour ceux qui l'ignore, mon cher ami Étas-unien Peter Gunn (alias Tête carrée / Blog), a une émission de radio nommée "Clean and Humble". L'émission est diffusé de New York sur les ondes de Vivaradio les lundi soir de 20h à 21h.
J'ai eu le privilège d'en être l'invité samedi le 18 oct. 2008 lorsque Peter a fait un arrêt à Montréal pour la convention de disques et pour enregistrer une émission spéciale sur la musique Québécoise. La playlist est disponible dans la section commentaire.
Bill est surtout connu comme étant le groupe qui a composé la première chanson rap au Québec: As-tu du feu ? / 1981. Ce premier disque était pas mal, mais ont retrouve peut-être un peu trop de styles musicaux simultanément (rap, électro, rock, reggae).
Le tube "As-tu du feu ?" se voulait un rap à l'époque, mais ormis les vocaux "parlés" (typique du rap), et avec le recul, je serais tenté d'appeller ce type de musique de l'électro-funk. Sur leur deuxième album "Alimentaire" 1982, le duo J.F. William & Serge Laporte semble avoir poursuivit dans la veine qui à fait leur succès du premier album... ou du moins dans la veine de "As-tu du feu ?"
Plusieurs pièces mettent l'emphase sur les sonorités électro des claviers d'Estelle Éthier et la combinaison funky Guitare/batterie de Serge Laporte et Pierre Hebert. Les meilleurs pièce sont selon moi: "Juste assez", "LMSA" et "Ma robot".
Ce qui a moins bien vieillit par contre, est l'utilisation du saxophone dans certaines de ces mêmes compo. Cet instrument à été surutilisé dans les années 80 et en subit aujourd'hui les conséquences. Dès les premières notes, on ressent un préjugé défavorable peu importe la qualité des arrangements.
Il existe un troisième album de Bill, mais les deux premiers sont vraiment les meilleurs. La pièce "Juste assez" est un bonne exemple du Son "électro-funk" de Bill.
Voici une des dernières "bonnes" pièces New Wave au Québec.
Fait à la fin de la "vague" New Wave (1986), la pièce "Para-New-York" se retrouve sur le deuxième album de "Marc Drouin et les échalottes". Mais petite curiosité, cette pièce est crédité au groupe "Dolbie Stéréo".
Dolbie Stéréo, à la base, était le nom d'un personnage (joué par Geneviève Lapointe) dans la comédie "Pied de poule" (écrite par Marc Drouin & composé par Robert Léger). Quelques single crédité à Dolbie Stéréo sont sortis de 1982-86. D'une pièce à l'autre, les compositeurs de Dolbie Stéréo changent (Robert Léger, Germain Gauthier...). La seule constance que je vois est que les pièces étaient toujours écrites par Marc Drouin et chanté par Geneviève Lapointe.
Une de mes pièces préférés de Dolbie Stéréo est la version instrumentale de la pièce "Para-New-York" (composée par Germain Gauthier). Comme je l'ai expliqué plus haut, même si la pièce "Para-New-York", se retrouve sur l'album de "Marc Drouin et les échalottes"; qu'elle est écrite par Drouin, qu'elles est composé/joué par les mêmes musiciens que le reste des chansons... elle est crédité à "Dolbie Stéréo" (Geneviève Lapointe). Faut croire que Geneviève Lapointe ne voulait vraiment pas être considèré comme une des échalottes de Marc Drouin.
Pour ce qui est du compositeur Germain Gauthier (surnommé Monsieur Hit dans les années 80), comme je l'avais écris récemment, il était derrière 2 des compositions du micro groupe Chiffon.
Il avait composé tout le premier album de "Marc Drouin et les échalottes" en 1984 et quelques pièces sur le deuxième. En plus de "Para-New-York", on lui doit la célèbre pièce "Trop d'beaux gars" sur ce même album.
Voici un des tout premiers groupes New Wave Québécois.
Comme pas mal de très bon groupe, Demars ne s'est pas retrouvé sur la compil "Québectronique 80". À ma connaissance, cette compil est la seule réédition DC de New Wave fait au Québec. Saluons ce premier pas, mais espérons qu'ils y en aura d'autres... parce qu'il manque pas mal de monde. Et plusieurs artistes qui y figure ne sont même pas "vaguement" New Wave.
Avec un titre comme "Québectronique 80" on serait en droit de s'attendre à un Son électro. Il y en a bien quelques pièces qui le sont (les clichés comme Larmes de Métal/ Soupir, Pied de poule/ Dolbie Stéréo)... mais que viens faire "le RAP à Billy" de Lucien Francoeur, "Recherché" de Jano Bergeron, "Call Girl" de Nanette Workman et j'en passe ???
Enfin bref... Panne d'inspiration ou ils n'ont pas fait leur devoir. Espèrons qu'ils corrigeront le tir sur un vol.2, ou qu'une compil plus inclusive de l'underground sortira.
Revenons à Demars. Le groupe était formé de Michel Demars (clavier, voix), Guy Séguin (basse, clavier), les frères Luc & Michel Lanthier (guitare & batterie). Deux albums:
-Les télé-têtes (1981) -Stories From Between the Walls (1983) un Maxi en anglais seulement Le premier est de loin le meilleur des deux. Fait cocasse sur l'album "Les Télé-têtes" justement, au lieu de "côté A" & "côté B" (sur l'étiquette) on peut lire UHF & VHF (référence à la télé hertzienne de l'époque). Ma pièce préféré est sur le côté VHF: "Les cosmétiques cosmiques". Une bonne basse, des filtres vocaux, claviers bien présent, texte inspiré de la science-fiction.
***DU NOUVEAU*** Michel Demars a une page myspace: http://www.myspace.com/demarsmusique
Qui à déjà écouté un album complet de Belgazou ? Peu de gens.
Malgré tout, encore aujourd'hui, il semble règner un unanimisme sur la médiocrité musicale de cet artiste. J'imagine que les parodies de R.B.O. à l'époque seront pour toujours tatouées dans la tête des gens. Pourtant Belgazou a sortit deux albums New Wave (1981 & 84) et le New Wave était LE style musical du "progrès" de 1979-85.
Peu de groupes d'ici en faisait mais tout les jeunes branchés en écoutaient. Ailleurs dans le monde on aurait applaudit les tentatives locales. Ici non.
Si tout ceux qui ont essayé d'innover musicalement à cette époque se sont fait traiter comme Belgazou, pas étonnant qu'il y en ait eu si peu de New Wave. Ça donne honte d'être Québécois.
Mais depuis quelques années, l'électro/New Wave est redevenu la norme musicale. Le degré d'ignorance des auditeurs (ET des musiciens) faces à leur tradition musicale électronique m'horripile. J'espère que cette amnésie collective n'est pas une conséquence de l'attitude rétrograde de certain média de l'époque. Faut dire qu'il n'y a pas non plus eu de réédition DC (ou presque) des artistes New Wave Québécois. Mais Psyquébélique est là pour palier à ce manque ! Du moins en partie...
Le deuxième album de Belgazou (Fly) est sûrement son meilleur. On y retrouve plusieurs bonnes pistes: "Je suis d'ailleurs", "Can't Imagine", "Acélérateur". Comme je mentionnais plus haut, Belgazou (ou plutôt Daniel DeShaime son compositeur) est un des rares musicien qui faisait des compo avec des drum machines, filtres vocaux et synthés en prédominance. C'est le genre de Son, datant de cette décénie, qui a le mieux vieillit. Les textes par contre... on prit un coup de vieux. L'engouement pour tout ce qui était vaguement futuriste en 1984, sonne aujourd'hui quasi humoristique. Sur "Accélérateur" par exemple, on peu entendre:
"Il roulait dans sa corvette...on dirait qu'il pilote une stéréo cassette" "Au fond de la galaxie, on est allé faire peur à E.T." "...et dans une boule de crystal, on a fait l'amour astral toute la nuit"
Aussi ridicule que ça puisse parraître, traduisez n'importe quel texte de groupe britannique/étas-unien de la même époque et vous obtiendrez sensiblement la même chose. Ne soyons pas plus dur envers nos artistes qu'envers ceux de l'étranger.
À part pour ce disque, le compositeur et arrangeur Henri Hamel (à gauche sur la photo) n'a pas fait beaucoup jaser de lui.
Fait en collaboration avec Vic Angelillo (à droite), l'album "Complicité" semble avoir été une sorte d'étalage de leurs talents d'arrangeurs. On y entend plusieurs pièces composées pour (et chantés par) différents artistes: Claude Léveillé, Jacques Yvart, Léo Monast, Marie Colette, Ranee Lee, Yolanda Lisi.
Mais selon moi, les pièces les plus intéressantes (comme toujours) sont les pièces instrumentals. Céphalée est peut-être la meilleure des quatres. On peut entendre sur Céphalée: des violons, de la basse, de la trompette, un Flugelhorn mais surtout un piano électrique. Le piano est vraiment l'instrument vedette de cette pièce. Joué avec adresse par Gérard Hérbert, on devine qu'il est l'instrument préféré de Hamel (il en joue d'ailleurs sur une autre pièce de l'album).
On a affaire à du Jazz des années 70. Ce type de Jazz laisse peu de gens indifférent. Beaucoup de ce Jazz à mal vieillit. Pour les oreilles d'aujourd'hui, on associe souvent ce Jazz à de la "musique d'ascenseurs", de "centre d'achat" ou de "mise en attente téléphonique". Soit on aime soit on déteste.
Roger Simard est un des batteur Québécois les plus connus des années 60-70. Tout comme Guy Nadon, il a surtout fait dans le Jazz. Son album le plus connu est certainement celui 1973 sur l'étiquette Radio-Canada dans la série Jazz Canadiana. Celui-ci se nomme "Encore" et date 1977. Un peu moins connu et kitsch par moment, "Encore" mérite malgré tout notre attention. Des pièces comme, "Messe des morts" ou "P.S. Spécial" sont d'excellentes compo originales.
Sur "P.S. Spécial" par exemple, c'est vraiment la basse qui supporte toute la structure. De la part d'un batteur, on est étonné d'entendre une telle compo. La batterie est top, mais ne fait qu'accompagner (aucun solo... à part si l'on compte l'intro de 8 sec.). Il y a aussi une section cuivre qui vient ponctuer le tout. Mais disons que la basse est définitivement l'instrument qui nous fait taper du pied... et qui sonne Funky.
C'est peut-être un Funk moins spectaculaire que certaines autres compo de Simard (sur Jazz Canadiana), mais "P.S. Spécial" reste selon moi un petit bijoux négligé.
"Épices, coeur et cuivres" est un de ces nombreux albums Lounge aux sonorités latine des années 60.
Dans la foulé du succès remporté par les disques de Herp Albert & the Tijuana Brass ainsi que la dernière vague de films Westerns (Spaghetti-Western avec leurs trames sonores d'Ennio Morricone); est né une mini mode de disque d'influence mexicaine (ou du moins Tex-Mex). Le Québec n'a pas été épargné.
À part celui de Georges Temblay, un autre exemple notoire est le disque du grand Bix Belair à la même époque qui portait pour titre: "Tijuana".
Celui de "Georges Tremblay et ses Brass" se distingue du lot parce qu'il ne contient que des compo originales. Donc ça ne semble pas avoir été une passe d'argent (du genre: "...Bon la musique Latine est à la mode ces temps-ci, on va faire un disque de Mariachi"), ou si ça été une passe d'argent; elle a été fait par quelqu'un qui ne s'est pas contenté de faire un disques de "succès" réchauffés sauce latine; mais bien quelqu'un qui avait le talent et qui a pris le temps de composer lui même de nouveaux morceaux.
Comme sur chaques pièces de George Tremblay, on reconnait le talent mélodique qu'il a pour les arrangements. Il sait aussi faire des combinaisons d'instruments assez inusités. Sur Gin Tonic, par exemple, un trio de cuivres (dont ce qui semble être un énorme tuba bien gras) est accompagné d'une flûte traversière et d'un bloc de bois au percussion.
Donald Seward était clavieriste dans le groupe Yéyé "César et les Romains". Il a fait deux disques instrumentals en solo. Les deux date de 1969. Il y a quelques compo originales (ou du moins d'artiste québécois) mais les disques sont surtout constitué de "cover" étrangère. Le son est très orgue à Go-Go (similaire à l'album de Nicky Lee et les Playboys).
Il y a une pièce sur ce disque ou Seward ni joue pas de l'orgue: "L'amour est bleu" de Vicky Leandros. Très minimaliste, mais très efficace. Écoutez ce qu'il arrive à faire avec un Piano et une batterie.
Rien de très rare, mais ce disque de Luc Cousineau est clairement le plus sous estimé d'entre tous.
Sur cet album (sans titre), il y a bien sûr la pièce "vivre en amour", qui fut tube à l'époque, mais sinon le reste des chansons est vraiment resté dans l'ombre trop longtemps. L'ignorance du grand publique ET des mélomanes face à ce disque me sidère. Celle du grand publique est sûrement dû au fait que l'album brun (comme on l'appelle parfois) est instrumental. Mais l'ignorance des mélomanes...
Les albums instrumentaux au Québec sont rare et l'idée d'en faire un n'aurait pu tomber dans meilleure tête que celle de Luc Cousineau.
C'est en 1975, après avoir fondé sa maison de disque Airedale (dont le logo est la tête du chien que l'on voit sur la pochette), que Cousineau commença la production de ce disque instrumental. J'ignore si le but premier était de faire un disque de Library; mais en tout cas il y a deux pièces (Valse de la Baie James I & II) qui auraient été utilisés comme thème de plusieurs génériques d'émissions d'affaires publiques à l'époque (radio & télé). Ces pièces sont d'inspiration folklorique latino américaine. Assez accrocheuse mais, rien comparé au reste de l'album.
Les pièces les plus mémorables sont de loin les pièces funk/soul (Opus aux puces, Marie-Madeleine, Vaya mulata). Cet album contient aussi ce qui est peut-être la première pièce Reggae au Québec (Pour un moment).
Aidé de Jimmy Tanaka aux arrangements, tout ces compo sont de l'artilleries lourdes. J'irais même jusqu'a dire qu'elles font de cet album le 2ième meilleur album funk québécois (après la trame sonore de "Après Ski" de Jacques Crevier). Psyquébélique vous offre la pièce Opus aux puces.
Roger Pilon est un compositeur/arrangeur Jazz un peu oublié. Dans les années 60 ils a fait quelques 45t, dans les années 70 des disques de "cours de danse" et des arrangements pour divers chanteurs/euse. Plus récemment (en 2000) il a sorti un CD "Noël rock'n'roll avec l'ensemble Roger Pilon". Ce disque inclu plusieurs excellente pièces... sans farce !
Selon moi le meilleur disque de Roger Pilon reste par contre, celui de la série "Stereo Percussion". Sortit quelque part dans les années 60 (aucune date); il ne contient aucune compo originale mais vaut le détour juste pour les réarrangements presque humoristique de Roger Pilon.
Sur la pièce "Jalousie" par exemple, écoutez les voix acapella qui sonnent très 60's italiennes. Les cuivres & vibraphone donnent des airs Jazz-Lounge. Puis y a cet orgue un peu Kitsch. De toute beauté
Je serai DJ pendant les Francofolies de Montréal jeudi le 24 juillet et vendredi 1 Août. Ce sera au Bar le Cheval Blanc de 22h à 2h. Vous y entendrai un set de Rock, Funk, Garage, Électro. Tout ça en français.
Voici un groupe qu'un lecteur m'a fait découvrir (merci Alan).
Chiffon est un des rares groupes Québécois des années 80 à avoir fait de l'électro. Pour ceux qui l'ignore, cette décénnies a été est une période creuse artistiquement au Québec (crise économique, morosité post Référendum). La quantité ET la qualité des groupes ont diminués drastiquement. Beaucoup des groupes très populaires dans les années 70 ont simplement arrêtés de produire dans les années 80.
L'électro, New Waves ou le Synth Pop sont des styles nées dans les 80 (ou du moins, surtout associé à cette décénnie), et la conjoncture à fait en sorte que peu de groupe Québécois s'y adonnèrent. Chiffon est exemple un typique de ceux qui ont "essayés" de suivre la vague à l'époque ou l'industrie musicale était en profonde restructuration.
Il s'agit en fait d'un petit groupe à géométrie variable, actif de 1980-84 et qui ne semble pas vraiment avoir eu de leader ou de maison de disques. Ce groupe n'a produit que quatre 45t. Chacun n'incluaient qu'une seule pièce (le côté B étant toujours instrumental). Une des compo ("Stand by") est d'un certain P. Mailloux sur l'étiquette Paroles et musique. Une autre ("Roméo") de Michel LeFrançois sur Gamma. Les deux autres compo (État de choc, c'est chaud) sont de Germain Gauthier sur l'étiquette Pro-Culture.
Les deux compo de Germain Gauthier sont les plus clairement électro et vraiment les meilleures. La seule autre constance est au chant. Une certaine Lise Grégoire chante sur au moins 3 des 4 pièces de Chiffon. Psyquébélique vous offres les deux versions de la pièce "C'est chaud".
En cette période du 400ième anniversaire de la ville de Québec, voici ma modeste contribution.
"Tout le monde est heureux" de Luc et Lise Cousineau est un album concept assez particulier. Il s'agit en fait d'un disque dédié à l'histoire du Québec (époque de la Nouvelle-France). Particulier aussi parce que les textes (et l'illustration sur la pochette) ne sont pas des Cousineau mais de Léandre Bergeron et Robert Lavaill. Ce duo (historien/dessinateur) avait sortit la même année une BD nommée "L'histoire du Québec illustrée" vol 1 (le vol.2 paraîtra en 1973). Cette oeuvre de vulgarisation historique, présentait une version de l'histoire du Canada bien différente de celle des manuels d'histoire officiels de l'époque. L'album de Luc et Lise Cousineau est en somme une extension musicale de cette BD et de ce désir de rendre l'histoire "populaire". En 1994 les deux volumes de "l'histoire du Québec illustrée" ont été réuni et réédité en une seule grosse BD aux éditions Balzac. Psyquébélique vous recommande d'y jeter un coup d'oeil.
Mais revenons à "Tout le monde est heureux". Deux ans après leur album "Les ALEXandrins...et... / Double Jeu" 1969, Les Alexandrins étaient devenus "Luc et Lise Cousineau". Luc Cousineau (à la composition) poursuit sur un élan rock amorcé sur l'album précédent (Laisse un temps à l'amour).
En écoutant des pièces comme "La chanson à boire des sauvages" et "Les Jésuites", un son sale et fuzzé saute tout de suite aux oreilles. La pièce "Les Jésuite" par exemple, est possiblement la chanson québécoise ayant l'attaque le plus spectaculaire. C'est plein gaz dès le départ avec de la distortion guitare. Il y a aussi un choeur qui donne des airs grandiose à la pièce.
Ce serait un excellent album si ce n'était que des textes, mais avec les arrangements de Luc Cousineau en plus; on a affaire à un classique... malheureusement un peu oublié
Une amie m'a fait découvrir ce 45t l'année dernière (Merci Marie).
Stage Band St-Luc est un autre de ces groupes para-scolaires au sonorité Jazz/Funk. Comme j'en avais parlé avec 1001 est Crémazie, certains enregistrements scolaires des années 70 sont surprenement funky. Souvent c'est le genre disque qui ont l'air de rien en surface en plus.
Le Stage Band en question, était celui de l'école secondaire St-Luc du quartier Notre-Dame-de-Grâce de Montréal. "Acropolis 7844" est le côté B de ce 45t (le côté A est un Cha cha ?!?). D'après mes recherches, la pièce semble être un standard Jazz. Ici par contre elle fut interprèté par un orchestre de cuivre au sonorité funk. Le résultat est un Son qui groove à la manière des trames sonores "Blaxploitation". Par moment on dirait même le Ville Émard Blues Band à cause de la quantité de musiciens.
Je m'excuse d'avance pour la qualité de l'enregistrement, le disque est assez magané.
***NOUVEAU*** Un des membres du groupe m'informe que l'enregistrement aurait eu lieu à "Terre des hommes" en 1975, qu'il y aurait eu deux 45t et que le nom de l'étiquette de disque (Riobert) serait une fusion des prénoms du professeur de musique et de sa femme (RIna rOBERT Jodoin). Merci p
Voici une autre obscurité. Petit groupe, petit étiquette, petit disque.
L'homme derrière ce micro groupe (Hibou) est Claude Amesse. Compositeur pas très connu ayant été actif +ou- 1972-82 (selon l'info recueilli sur Disc-O-Logue). Le 45t n'est pas daté, mais le 12" indiquerait 1976 selon un lecteur.
"Folk l'or" est une pièce plus drôle que bonne, mais avec tout de même une touche Funky. Le concept de la chanson est un medley de chanson traditionnel Québécoise version funky. Le choix d'instruments et d'arrangements est excellent. Malheureusement on reconnait presque tout les extraits et ce "zappage" d'une pièce trad. à une autre fini par lasser à la longue. Peut-être que des mélomane de d'autre pays apprécieront d'avantage (puisque qu'ils ignore ces airs archi-connu ici).
C'est tout de même une sympathique curiosité. Psyquébélique vous offre la version instrumentale (qui s'endure mieux).
Pendant le festival de Jazz de Montréal, je serai (cette année encore) DJ au Cheval Blanc. Je ferai deux set de Jazz de 6 à 8: vendredi le 27 juin et vendredi le 4 juillet. Vous pourrez y entendre du Jazz, Funk, Soul & Afrobeat; Québécois et d'ailleurs.
Le Ville Émard Blues Band était un groupe comme il ne s'en fait plus. La liste des musiciens était très longue: +ou- 17. Aujourd'hui on dirait sûrement que ce n'est pas assez rentable pour mériter d'être enregistré.
On dit que le V.É.B.B. était une sorte de commune ou coop. On y retrouvait beaucoup de musiciens de studio et/ou divers musiciens de chanteur connu (Claude Dubois, Robert Charlebois, Renée Claude). Plusieurs d'entre eux faisait partie du groupe Contraction 1972-76. D'autres formeront parallèlement le sous-groupe Toubabou 1974-75.
La brève étiquette de disque "Funkébec" est également née de cette "commune". Une chose est sûr, tous orbitait autour du studio d'enregistrement de Roland Gagnon (bassiste dans le groupe). Ce studio avait pignon sur rue dans le quartier Ville Émard (sud-ouest de Montréal). Mais malgré le mot Blues dans le nom, le groupe n'a jamais vraiment fait dans le blues. Le V.É.B.B. à surtout fait dans le Jazz et le rock mais toujours avec une touche de Progressif.
Techniquement le groupe sort son premier album vers 1973 (un quasi bootleg). Mais c'est vraiment quand 1974 qu'on parle du premier "vrai" album. Il s'agit étrangement d'un album en concert (peut-être parce qu'il devait être difficile de regrouper autant de gens à la fois en dehors d'une scène). En 1975 paraît leur 2ième et dernier albums. On pouvait y entendre, plusieurs nouvelles pièces et des versions plus achevé des deux autres. En 1979 sorti un double album compilation qui inclu 2 pièces inédites.
En 2004, une ultime compilation nommé "Complete VEBB au complet 1973-1975" sorti en DC. Cette même année, ont reforma le V.É.B.B. sous le nom de Ville Émard Blues Band nouvelle génération au festival d'été de Québec. Cette nouvelle formation incluait les enfants des musiciens d'alors. Le prétexte de la reformation était à l'orgine pour célébrer le 30ième anniversaire du concert de la SuperFrancofête de Québec (dont l'enregistrement de 1974 fut le 1er album de la cellule Toubabou).
Psyquébélique vous offre une pièce du 2ième album du groupe, peut-être la pièce la plus funky: "Affaire C.S.R. vs Maryle Killer & Stobert Ranley". On y entend 3 batteries, 3 guitares, une trompette, un sax, une basse. Écoutez également l'étrange sonorité du synthétiseur sax.
En cette période de la St-Jean Baptiste et du début du festival de Jazz de Montréal; voici une pièce de Lee Gagnon qui fait le lien entre ces deux fêtes.
L'album "Vive la canadienne" était une sorte de réactualisation au goût du jour (de 1976) des chansons québécoises traditionnelles. J'ignore si l'idée de cet album était de Lee Gagnon ou bien une commande de la maison d'édition RCl. Une chose est sûre, 1976 c'est l'année d'élection du premier parti indépendantiste au Québec. Le sentiment nationaliste était à son comble. Beaucoup de babyboomers était encore dans la vingtaine encore et tout semblait possible. Une remise à jour du folkore musicale québécois, dans cette conjoncture, aurait été une valeure sûre pour l'industrie musicale en tout cas.
Il n'y a aucune compo originale sur Vive la canadienne, mais les arrangements de Lee Gagnon rendent ces chansons vieillotes si méconnaissable que c'est tout comme. Le résultat: plusieurs pièces funky dans la continuité de ce qu'il avait fait pour son précédent album "Jérémie" 1973. On parle de Jazz-rock dans la veine des musiques d'Alain Goraguer en France sur la BO de "La planète sauvage" 1973. Un lecteur faisait remarquer dans les commentaires de ma critique sur Jérémie, que pour du funk, c'était assez "carré" ou "mécanique". Je suis assez d'accord (et j'adore quand même). C'est une vision différente du Funk. Au Étas-unis on appellerait ça du Funk de "blancs" (assez technique et pas tout à fait le même côté joyeux et détendu des Isaac Hayes, Johnny Pate ou Roy Ayers).
Des pièces comme "Marianne s'en va au Moulin", "Au chant de l'alouette" sont de bons exemple. Les versions de Lee Gagnon, sont remplient de guitare à pédale Wah-wah, une bonne section cuivre, de flûte et une batterie rythmée. Écoutez "Au chant de l'alouette" et vous verrez qu'il peut y avoir un lien entre la St-Jean Baptiste & le festival de Jazz de montréal.
Je serais DJ au bar le cheval blanc (Montréal) ce vendredi 20 juin. Mon "set" sera de 22h à 2h. Venez fêter la St-Jean avant tout le monde et avec de la BONNE musique Québ pour une fois !
"Tiens-toi bien après les oreilles à Papa...", est une trame sonore Québécoise qui a peut-être été négligé par les mélomanes. Probablement parce qu'il ne s'agit pas d'une trame sonore d'un film érotique, de musique psyché ou de Funk. Non ce n'est certainement pas la B.O. la plus spectaculaire. De plus son compositeur, François Dompierre, a eu par moment dans sa carrière, un étrange conception de la musique pop. J'aime néanmoins au moins 3 pièces de cette album: Samba M.D., Mommy Daddy (instr) et Miss Dodo.
Je n'ai jamais vu le film mais avec Yvon Deschamps & Dominique Michel dans le générique, ont peu présumer que c'est une comédie. Étrangement par contre, la B.O. de ce film inclu une des pièces les plus tristes de l'histoire de la musique au Québec: "Mommy Daddy". Cette balade chanté par deux enfants (en anglais), parle de l'assimilation des Francophones au Canada. Peut-être s'agit-il d'une comédie aigre douce ? Enfin.
Les meilleurs pièces de l'album sont typique du certain type de B.O. des années 70. Le genre orchestré par un arrangeur d'expérience (ex: John Barry ou Lalo Schifrin) dans un style rappellant les séries policières ou film d'agent secret. Cuivres à l'honneur, ce style musicale (que les français appel le Jazz-rock ou Blaxploitation) fut très peu exploré ici. Il y a bien sûr eu George Tremblay et Lee Gagnon qui ont contribuer mais sinon...
La version instrumental de Mommy Daddy est un peu dans le même genre (ou du moins, la deuxième partie). Mais la pépite est définitivement "Miss Dodo". Une longue intro de batterie laisse place à une guitare fuzz, puis à de lourds cuivres. La suite est rempli de tambourine, de bongo, de piano & de violon.
Voici une pièce plus funk que disco (malgré le titre de cet l'album). Nous sommes ici dans la "phase" funk/disco de Jerry de Villiers (senior), qui avait fait ses débuts dans le Jazz.
La pièce "Bon Bon" est une des rares compo originales de l'album et pourtant c'est la meilleure. La structure est une lente progression de couche très entraînante (basse, batterie, claviers, flûte etc). Vers 0:30, l'entrée du clavier, est vraiment spectaculaire. Puis vers 0:55, la batterie devient plus lourde et redynamise la pièce. On a pas le temps de se tanner.
Le reste de l'album contient une autre compo originale assez bonne: "Disco beat". Un Italo-disco très rapide et aggressif. Le single de Bon bon est sorti en 1976 (pré Saturday Night Fever) sur l'étiquette Deram; ce qui fait de De Villiers un des premiers à avoir sauté sur la vague Disco au Québec. C'est peut-être pour cela que la pièce "Bon Bon" sonne plus comme du Funk. Tant mieux pour nous.
Si la catégorie "l'exception à un disque poche" existait, la pièce "l'ordinateur ZX" de Manuel Tadros en ferait peut-être partie. Je dis peut-être, parce que j'ai de la difficulté à me décider si j'aime ou non cette pièce. L'album passe par tout les styles et Tadros semble s'être dit: pourquoi pas l'électro ?
Avec un titre comme L'ordinateur ZX, on peut imaginer comment l'informatique était quelque chose d'abstrait pour Manuel Tadros en 1983. En fait, de ce que je comprends du texte, "l'histoire" semble se passer dans le futur. En 83, nous sommes à la fin de la vague science-fiction post Star-Wars. Les références à l'an 2000 et tout ce qui était vaguement futuriste, était dans l'air du temps. La pièce est une tentative de pièce électro pas totalement réussi musicalement. Le son électro est plus artificielle que cela (trop de piano pas assez de clavier). Il y a bien sûr quelques effets sonores, des filtres vocaux, une bonne basse et un texte futuriste, mais il semble manquer un petit quelque chose.
Voici un 45t rock assez obscure. Une amie me l'a fais découvrir il n'y a pas très longtemps (merci Marie). Je n'arrive pas a trouvé d'info sur ce micro groupe "L'Aurore boréale". Pierre Filiatrault (qui semble être le leader) lui aurait fait des compo (entre autre) pour Michel Louvain.
Ce qui fait ressortir cette pièce du lot, est l'utilisation d'une guitare à pédale au sonorité étrange (de rock lunaire...). Il y a aussi les violons, qui donnent un air grandiose. La batterie assez rythmé et la 2ième guitare sont pas mal non plus.
Le côté A (part 1) est identique à la version (part 2) excepté qu'on entend les mots Rock & Roll une fois de temps en temps. Je préfère toujours les versions instrumentals alors voici le part 2.
Les Scarabées est un groupe interessant et un peu méconnu. Les deux chanteuses était Liza Brady et Martine Gauthier (aussi appelé Bee). Apparement, à part leur carrière au Québec 1968-75 ces jeunes femmes auraient endisqués en France et au États-Unis sous d'autres noms: Liz Brady & Martine Bee.
À l'arrière de la pochette on peut lire que les arrangements sont de Jerry De Villiers, Denis Lepage, et de B. Brien. Par contre les compo semble avoir été écrites majoritairement par des Latino-américains; chose assez rare. Mes connaissances limités en musique sud-américaines m'empêche de préciser s'il s'agit entièrement de "covers" d'artistes Latino ou si les chansons auraient peut être fait expressément pour elles PAR des Latino.
La pièce "Moi je n'm'en fais pas" est peut-être la meilleure. Écoutez par exemple, l'utilisation assez originale d'une guitare aux cordes pincées vers 2:10. La basse omniprésente, les cuivres, la batterie et le choeur en font une sorte de funky rock qui vous reste dans la tête.
Le problème #1 des groupes Disco sont les textes. Cette musique étant d'abord faites pour dancer (et assez complexe à orchestrer vu la quantité d'instrument), j'imagine que les mots qui accompagnent le tout devaient être la dernière chose écrite. Le manque flagrant d'imagination pour les textes est souvent abrutissant. Je dis ça et j'adore le Disco. De plus (pour empirer les choses), au début de la vague Disco, l'utilisation du mot "Disco" dans les chansons ou le titre d'une pièce était fréquent (comme pour souligner au crayon rouge le style musical). Le même phénomène se reproduit au début du Rock, du Reggae, du Rap...
Si vous êtes incapable de faire abstraction des textes, cette musique n'est pas pour vous. Ne lisez pas ou téléchargez pas cette chanson. Si par contre, vous êtes capable de ne pas bouder votre plaisir et de laisser votre corps prendre le contrôle pendant 3min, je vous invite à découvrir le Surprise Band.
Rien de très rare, mais le Surprise Band est selon moi, le meilleur groupe disco Québécois (entre autre parce qu'il n'utilisait pas le mot "Disco" à tout les 2 phrases). Je dis le meilleur "groupe" disco Québécois parce qu'il y a eu aussi beaucoup d'arrangeur/compositeur (George Thurston, Denis Lepage, Jacques Lafèche, Pierre Perpall, Michel Daigle, Jerry De Villiers) au moins aussi bon que le Surprise Band mais pas d'aussi bon "groupe".
La richesse du son, la variété d'instruments, et l'originalité des arrangements utilisés pour composer chaques pièces font de leur unique album, un objet de qualité. L'album contient plusieurs bonnes pièces: "Suis-moi", "Charlie", "Montez plus haut", "Disco conga" (un instrumental). Ce groupe semble avoir été une histoire de famille à en juger par la liste des musiciens:
Le son du Surprise Band était assez grandiose, du "disco de l'espace", (post Star Wars 1977 et +). Beaucoup d'effets d'écho, de sonorité électroniques etc. Sur "Monter plus haut" par exemple, écoutez les effets sonores aériens dans le refrain.
Conte vert est une compo électroacoustique presque pop. Elle est du compositeur Philipe Ménard avec la collaboration de Serge Rustin.
À moins que je ne me trompe, il semble exister 2 Philippe Ménard qui font/ont fait de la musique. Un français (blues) et un Québécois (électroacoustique). Je parle ici du Québécois. Il n'a pas laissé beaucoup de traces (enregistrements). Sa bio est disponible ici. On le décrit comme un compositeur, ingénieur-informaticien, professeur (à l'UQAM). La pièce "Conte vert" est probablement la meilleure de l'album "Conte électronique...en couleur" sorti en 1983. Cette même pièce se retrouve également sur le "Portait musical" de Ménard aux éditions CAPAC. Co-écrite avec la collaboration de Serge Rustin, "Conte vert" est constitué d'un orgie de solo de clavier, de gazoullie étrange et de son de respiration humaine. Que dire d'autre sinon que, si vous aimez l'électroacoustique des années 80, Philippe Ménard & Serge Rustin sont dans les meilleurs de l'époque.
Voici une pièce que Bernard Bonnier avait composé pour accompagner un poème (du même nom) de Michèle Lalonde.
De cette pièce de 66min (datant de 1980), il n'existe (endisqué) à ma connaissance que cet extrait de 8min. Une installation/performance aurait été mis-en-scène par Bernard Mounier à l'époque et le recueil de Lalonde fut publié chez L'Hexagone (pour ceux que ça intéresse).
Il y au eu plusieurs de ces "Portrait musical" aux éditions CAPAC. Ces petits disques de 7" avaient la particularité d'être en 33 tours. Ils se voulaient en quelque sorte, des cartes d'affaires ou des échantillons de ce que les jeunes compositeurs contemporains (des années 60-70) savaient faire. Ils incluaient rarement des pièces complètes malheureusement.
Bonnier est surtout connu pour son album "Casse-tête... musique concrète" 1984. Il est considèré comme un des pionniers de l'électroacoustique au Québec (quoique Pierre Mercure, entre autre, l'aurait précèdé d'une bonne dizaine d'année mais dans un tout autre registre). Il aurait étudié/collaboré avec le compositeur français Pierre Henry (de 1970-75). En écoutant "Casse-tête", on peut entendre ce désir de fusionner la Pop et l'électroacoustique.
Malgré cela, le monde de l'édition électroacoustique étant ce qu'il est, les oeuvres de Bonnier ont rarement été endisqué. Un "DVD audio" contenant l'intégrale de Bernard Bonnier était supposé sortir en 2006 sur l'étiquette "empreintes DIGITALes"; mais l'affaire fut reporté. Heureusement pour nous, "Casse-tête" (son unique album) a été réédité en DC en 2008 sur l'étiquette Oral. Psyquébélique vous encourage à vous le procurer.
D'ici à ce que le reste des oeuvres de Bonnier soient rééditées, écoutez tout de même l'extrait de "Métaphores pour un nouveau monde" sur le 7" de CAPAC:
Voici un autre album sous-estimé des Sinners. C'est probablement du au fait que c'est celui qu'on retrouve le plus souvent dans les disquaires et donc qui se vend le moins cher. Pour cette raison, peut-être, est-il considèré à tord comme ayant moins de valeur. Je dis à tord parce qu'il s'agit en fait de mon préféré.
Comme le faisait remarquer Eiffel, dans la section commentaire du message précédent, les Sinners de 1975 ne ressemblais plus vraiment à ceux de 1967. Personnellement je préfère le matériel de 1971 et + (à partir de la pochette "tête de loup"). Il semble y avoir eu plus d'exploration sonore (flûte, conga, orgue, filtre vocal). J'ignore si c'est l'époque musicale, la maturité ou l'ajout de nouveaux membres (entre autre Alain Jodoin, Daniel Valois) mais pour moi l'album "?" est le meilleur des Sinners. Les ayant connu bien après leur dissolution (du à mon age), je n'ai aucune nostalgie pour les années François Guy (premier chanteur).
Cet album est sorti simultanément en version anglaise et française en 1975. C'est l'avant dernier album et tout comme "Le chemin de croix de Jos Roy" 1976, on le décrit comme un projet de studio. C'est peut-être ce qui en fait quelque chose de plus travaillé ? Par exemple l'utilisation inusité de filtres, de claviers, de pédales; donna un son Glam très peu exploité au Québec avant et depuis. Écoutez par exemple la pièce "Suis-je masochiste" et vous comprendrez.
J'ai une confession à faire en cette période de Pâques (et période de sortie de la compil religieuse "Résurrection" de notre ami Sébastien de Patrimoine PQ). Cette confession concerne ironiquement un album des Sinners (les pêcheurs).
Cet album des Sinners est probablement souvent tassé du revert de la main par bien des gens. C'est en tout cas, c'est ce que j'ai fait pendant des années à chaque fois que je le voyais dans un magasin. La couverture et le titre me déplaisait particulièrement. À moins de collectionner la musique religieuse (comme Sébastien) j'imagine que ça dû être la réaction de pas mal de monde. En fait ça a pris plusieurs années avant que je réalise tout simplement qu'il s'agissait d'un album des Sinners. Et même après l'avoir acheté et d'avoir réalisé qu'en fin de compte, il n'était pas du tout religieux... j'ai écarté cet album après une seule écoute à cause d'une mauvaise première impression. Ce n'est que récemment que j'ai redécouvert cet album et j'ai honte.
Voilà pour la confession.
"Le chemin de croix de Jos Roy" 1976 est le tout dernier album des Sinners. Il s'agit d'un projet studio, d'un album concept/comedie musicale. Pour un album concept, il est beaucoup plus accompli que "Vox Populi" 1968. Je résumerais le sujet de "Le chemin de croix de Jos Roy" comme suis: la vie & les déboires d'un petit criminel nommé Jos Roy.
En passant cet album contient également de la flûte traversière (voir message du 10 février 2008). Mais selon moi la vraie vedette de cet album n'est pas Jos Roy ou le chanteur. Je dirais plutôt Richard Tate le batteur... et peut-être aussi le clavieriste Claude Hétu. Cet album repose clairement sur le talent à la batterie de Richard Tate et au piano de Claude Hétu. Il faut entendre les pièces "J'suis pas un Pepsi" & "Sans alibi" pour comprendre. Ce sont des pièces de type "rock de bar" des années 70 (comme dirait PeterGunn) un peu dans le genre de Pagliaro à cette époque.
Mais la pièce que Psyquébélique vous offres cette semaine est tout autres. C'est la finale de la "comédie" musicale: Terminus (Jos Roy descend). Il s'agit de la pièce annonçant la mort de Jos Roy.
Je dirais que c'est une balade Glam. Elle commence avec une longue intro sous forme de bulletin de nouvelle, puis la batterie de Tate embarque vers 0:35. Le reste est hypnotisant.
Gérald Locas est un pianiste qui semble avoir commencé sa "carrière" de Jazzman sur le tard. Je sais peu de chose sur lui et son groupe si ce n'est qu'ils viennent de St-Hyacinthe.
Avocat de formation, Locas aurait étudié parallèlement le piano (et même été l'élève d'Oscar Peterson).Le style de Jazz de ce Quatuor est assez typique du Jazz au Québec des années 60 (ce qui est étrange pour un album datant de 1978). Rien de révolutionaire, mais de sympathique petites compositions centrée autour du piano. Le tout est enjouées et dans l'esprit des trames sonores de Charlie Brown de Vince Guaraldi. La pièce "Francine" est la meilleure selon moi. Vous y découvrirez à la Contrebasse-Guy Dion, Guitare-Paul Miron, Batterie-Gilbert Brouillette et bien sûr Gérald Locas au piano.
Une présentation a lieu au cinéma du Parc pour 5 soirs seulement, de vieux scopitones (ancêtre du vidéoclips). Il reste que 2 soirs. Plusieurs clips artistes Québécois 60's. Sous le titre:
Voici une pièce du duo musical qui avait fait la trame sonore de la célèbrisime émission jeunesse Passe-Partout 1977-80.
À part les 33t de contines de Passe-partout, Michel Robidoux et Pierre F. Brault ont aussi fait d'autres compo sur l'étiquette "Poly-sons". Je dirais même que tout ce qui a bien vieillit d'eux, exclu necessairement toutes contines.
Pour ceux qui seraient interessés à suivre leurs carrières plus récente, un DC des musiques de Brault existe sous le titre "La vraie nature de Bernadette et autres musiques de Pierre F. Brault pour les films de Gilles Carles". Michel Robidoux à quant à lui fait deux albums DC: Moon (Magada 2007) et Leitmotiv (Analekta 2006).
Mais revenons à nos moutons. À la même époque que Passe-Partout donc, sont sortis plusieurs 45t de Robidoux & Brault sur Poly-sons (Les instrumentaux de Passe-Partout, Candy, Goldorak disco, Visitons les planètes avec Goldorak). On parle ici de livres-disques. Ces trucs ont l'air (au mieux) "semi-légal" (surtout Candy et Goldorak). Faut voir l'exécution des dessins pour comprendre.
Le plus étranges de ces 45t est selon moi celui inclu dans le livre "Visitons les planètes avec Goldorak".
Psyquébélique vous offre la pièce "Les planètes". Le tout inclu: un riff de basse accrocheur, des effets sonores bas de gammes, des filtres vocales datés, et une finale incroyable. L'utilisation du mot Goldorak n'était en fait qu'un prétexte pour passer du contenu pédagogique, c.a.d. : l'énumération des divers planètes de la voie lactée (d'où le titre "Les planètes"). Vous vous sentirez donc plus intelligent après avoir écouté cette pièce.
Voici mon 2ième mix/Baladodiffusion. Lui aussi à été fait pour l'émission "Les mixtapes de mes amis" et diffusé dimanche soir 21h le 9 mars sur les ondes de CISM. Ce mix mélange musique (Garage, Funk, Jazz ) et dialogues de films.
Mon premier mix (le projet farfadet) est disponible au post du 20 juin 2007
Voici un ovni dans la discographie d'André Lejeune. Le côté B de ce 45tours est (à ma connaissance) la seule pièce vaguement funky dans la longue carrière d'André Lejeune.
L'allusion au "Disco" est peut-être exagéré. En forçant on pourrait dire que c'est un Jazz "un peu" Funky. La batterie est répétitive comme peut l'être le disco, mais ça me semble pas assez rapide pour déclarer hors de tout doute qu'il s'agit là de disco.
Le mot "Scat" par contre... ça oui. André Lejeune sait définitivement "scatter", il n'y a aucun doute. Écoutez d'ailleurs le jeu entre le saxophoniste et Lejeune vers 2:15. Le reste des percussions est aussi interessant. L'utilisation de tambourine, d'un Güiro (en plus de la batterie répétitive) en font une pièce rythmée et tout de même digne d'une piste de dance.
Voici quelques un de mes albums préférés de Neil Chotem. Nous apprenions vendredi dernier la triste mort du grand Neil Chotem. La majorité des gens se souviennent de lui comme l'arrangeur d'Harmonium sur l'album L'Heptade en 1976. Mais il avait été très actif avant ... et après.
Sa carrière a été beaucoup trop rempli pour la résumer en quelques lignes. Disons seulement que mon époque préféré de sa carrière est définitivement les années 60.
Il fit alors un des meilleurs album Jazz du Québec sur l'étiquette de Radio-Canada (en haut à droite sur la photo). D'un côté, des adaptations des compo anglaises et de l'autres, des adaptations françaises.
Psyquébélique vous offre la pièce "Lâche-moi donc".
Stéphane Venne a été particulièrement actif dans les années 60. Il composa alors majoritairement pour d'autres musiques ET paroles. Mais il a aussi fait des disques à son nom: Stéphane Venne vol.1-2-3 (1964-66-67). Dans les années 70 il ralenti un peu. Il fit 2 disques avec Emmanuëlle et 2 compilations de ses chansons sorti également. Sa carrière musicale se termine début 80. En 1981 il composa la trame sonore du film "Les Plouffe". Puis, l'année suivante, un dernier album à son nom.
"Attention la vie est courte" est en fait une pièce qui avait été écrite pour Pierre Lalonde. Sur le disque/compilation "Stéphane Venne en 10 chansons (orchestral)", on peut entendre la version instrumentale dans toute la subtilité de ses arrangements. Une bonne section cuivre, une basse bien lourde et une guitare fuzz.
La pièce "Le flip side (confiture)" des Sinners est un genre de funky rock à la Santana. Il s'agit d'un morceau court mais non sans intérêt. C'est le côté B du 45t: "Les gens "BEN CORRECT"".
Il semble avoir été enregistré en concert... mais les cris pourraient tout aussi bien être un atmosphère créé en studio. L'emphase est sur la spontanéité d'où le mot entre parenthèse dans le titre: confiture... "Jam".
La flûte traversière et les conga font définitivement ressortir cette pièce du lot. Le son est similaire à celui de l'album avec la pochette "tête de loup" (sorti l'année précédente). Sauf erreur, ce 45t est malheureusement la seule autre instance d'utilisation d'une flûte traversière dans la discographie des Sinners.
Voici un ballet jazz plutôt funky datant de 1973. Il s'agit à la base d'une pièce de théâtre de Marcel Dubé. Lee Gagnon en a fait une musique de type fusion/funky ou ce que les Français appellent: "Jazz-Rock".
Très actif sur la scène Jazz Montréalaises des années 60, Gagnon sortit alors trois albums dont un en Quatuor puis deux en Quintette (La Jazztek 1967, Je Jazze 1968, Jazzzz 1969). Dans les années 70, Gagnon se mit au Funk. D'abord avec le Ballet Jazz "Jérémie" 1973, puis ensuite avec un étrange disque nommé "Vive la canadienne !" 1976 (sur lequel il interprète des versions funky ET instrumentales de chansons folkloriques Québécoise). Pour la suite, Gagnons se mit à faire des trames sonores et des pubs... aucuns autres enregistrements.
Mais revenons à Jérémie. Plusieurs pièces sont interessantes sur cet album; il est d'ailleur très recherché par les DJ étant donné qu'il contient plusieurs passes de batterie facilement échantillonable (pour le Hip Hop).
Entrecoupé de monolgue et de balade, l'album contient tout de même 3-4 excellentes pièces Funk (Scène des guerriers, Jalousie, Joie, Les passants du soirs). La compil "Canadian Racer" (paru vers 2002) incluait la pièce "Les passants du soir" de ce même album. Psyquébélique vous offre l'album complet.
En guise d'avant goût, écoutez la pièce: "Scène des guerriers". Piano, batterie, sax, guitare fuzz. Le tout donne un Jazz Funky bien sale.
Voici un album intéressant dans la carrière de Georges Tremblay.
Comme son frère Rod, Georges Tremblay a fait beaucoup d'arrangements pour d'autres (notamment sa femme Christine Chartrand), mais il a beaucoup plus endisqué que Rod. À ma connaissance, quatre LP porte son nom: "My fair Lady Discotheque", "Danse Gogo", "Cuivres & épices" et "Le neuvième silence". De ces quatres albums, deux contiennent que des compo originales (les deux derniers). L'album "Le neuvième silence" est probablement le plus intéressant des deux. Il se situe quelque part entre le Jazz-Rock, le Funk et le Prog.
Psyquébélique vous offre un extrait de la chanson "Jerusha". C'est un bonne exemple des pièces de type Funky: Piano, une section cuivre, une guitare électrique, une batterie bien rythmée.
Pour ceux que ça interesse, l'intégrale de la carrière de Georges Tremblay est disponible en CD.
Au Québec, l'année 1981 était un désert musical, une année post-apocalyptique. La bombe nucléaire était tombée en 1980: échec du référendum & crise économique générale. Autant la décénie 70 était riche en variétée musicale de tout genre, autant la décénie 80 (du moins la première moitié) fut une époque de remise en question (culturelle) et de stagnation (économique). Et qui dit moins d'argent de poche, dit moins de sorties culturelles. Les maisons de disques deviennent soudainement frileusent. Le milieu musical écope.
À travers tout cela, une nouvelle génération et de nouveaux styles musicaux émergent (Punk, New Wave...). Nouvelle décénie + nouvelle génération = nouveau repère. Pratiquement aucuns des musiciens Québécois (expérimentés) des années 70 semblent avoir survécu dans les styles musicaux des années 80 (donc presques aucuns échanges entre les générations de musiciens). Résultat: le peu d'artiste qui persitent à chanter, le font majoritairement en anglais et donc une coupure totale entre le public et sa propre tradition musicale (regardez les divers compilations de l'époque: Blender mix, Primitive Air Raid).
Pour moi, ce qui est fascinant des Hubcaps, c'est moins la qualité musicale que l'année et la langue dans laquelle il chantait: 1981 & Français.
Je connais très peu au sujet des Hubcaps; si ce n'est que le nom veut dire "chapeau de roue" et que leur seul album date de 1981. Il ne sont listé nulpart ou paru sur aucune compil de l'époque. Le genre est "un peu" new wave et pop un peu pop rock des années 80. La seule pièce vaguement mémorable de l'abum est "J'suis coq'u".
Voici ce qu'on pourrait appeller une balade psyché.
Bel Canto veux dire en italien "beau chant" ou "l'art du chant lyrique". Le groupe Québécois du même nom était effectivement reconnu pour ses harmonies de voix très sophistiqué.
Influencés par les Beatles, les Bel Canto (ou "les Kanto" à la fin de leur carrière) furent un des groupes les plus productifs de son époque en termes de compo originales. Certains disent qu'ils se démarquaient du lot à cause de cela (compo), d'autres disent qu'ils étaient le pont entre le Yéyé et les chansonniers, d'autres qualifient leur style de "Rock Baroque".
Il faut dire que le groupe était très fort au niveau arrangements. Écoutez par exemple la pièce "Olé le matador". En s'inspirant du "sport" traditionel espanol, les Kanto crée une pièce où les cuivres & cordes sont omniprésents, avec un choeur accrocheur et (lors du refrain) ont utilisent des sons de chaînes et/ou cadrans. Le tout donne une sorte de balade psyché...
Les Dégonflés est probablement la meilleure compo originale des Bel Air. Elle vient de leur dernier album (Pour faire changement) qui date de 1970. Au niveau texte, cet album est assez politique avec des pièces telles: Cette société, Monsieur l'sargent, Motard vs policier. Au niveau musical, "Pour faire changement" a des accents Prog, ce qui est assez étrange pour un album québécois de cette époque.
Comme bien des groupes des années 60, Les Bel Air faisaient beaucoup dans les reprises. Mais à la fin de leur carrière (1965-70), on peu conclure que les Bel Air semblent avoir atteint la pleine maturité. Des compo originales comme "les Dégonflés" par exemple; sont la preuve que quand ils se forçaient un peu, Les Bel Air étaient capables de faires des tubes rock biens aggressifs et accrocheurs. La final est incroyable avec cette sirène de police.
Voici probablement le premier groupe de Paul "Polo" Belmar de Dédé tracké & Les frères a cheval. Danger est également considèré par certains comme le premier groupe Punk Québécois (voir le site des archives de Radio-Canada).
Si cette affirmation est vrai; il n'est pas faux non plus de dire que Danger (sur cet unique album) a aussi composé dans d'autres styles musicaux. Tant qu'a moi, il sont tout autant Glam ou même "Métaleux" (mais avant l'heure)... surtout avec des pièces comme "Métal Rock". Par contre leur single "Charlie Dog" serait plutôt du funky-rock. L'excellente pièce "Ça a duré trop longtemps" est clairement du Rock d'Arena à la Kiss ou Aerosmith (des années 70). Très bon dans le genre et méconnu pour une raison que j'ignore.
Polo Belmar n'a jamais cessé de faire de la musique. Je vous encourage à aller sur son myspace, car il est sur le point de sortir son 9ième album en carrière "Polo et Les Méchants Moinôs".
Angelo Finaldi est un musiciens qui a fait parti du groupe "La révolution française" et "Les Sinners" mais qu'on a aussi vu comme collaborateur sur les albums de Michel Pagliaro, Nanette Workman, Richard Tate, Tony Roman.
Avec eux, il fait parti de cette courte liste de musiciens Québécois non "pure laine" ayant choisis de faire carrière au Québec et en français... pour notre plus grand plaisir.
À ma conaissance "Angie", est le seul album solo d'Angelo Finaldi (du moins en vinyl). Et pendant que la mode était au "Folk" et au "Prog", Finaldi (tout comme Pagliaro) sortait du Rock pesant avec des chansons comme "Oiseau de nuit" et "Rose Bang". On connait mal le rock Québécois de cette époque. Pourtant Angie est vraiment le genre de musique qui devrait jouer régulièrement à des stations de radio rock comme (la montréalaise) "CHOM"... mais malheureusement, ça a le "défaut" d'être francophone.
On en dira jamais assez long sur Dionysos. Ce groupe de "Hard Rock" (l'ancêtre du "Métal") dans la veine des Black Sabbath, Led Zeppelin & cie, est consideré comme le premier groupe Québécois du genre à avoir un répertoire originale et Francophone. Avant Offenbach (et tant qu'a moi, bien supérieur), Dionysos sortit dès 1970 ses premiers 45t.
La photo ci-dessus est celle de l'album "Le grand jeu", qui parut début 1971. Le groupe nous offrait alors, des pièces telles que "Colère".
Sur ce morceau, une intro batterie & basse bien senti laisse progressivement place à un orgue incisif. Puis une lourde guitare viens réveiller ceux qui ne l'étaient pas déjà. J'imagine le premier publique Québécois de l'époque qui entendait ce type de Son chanté français... Ils ont vraiment dû tomber en-bas de leur chaise !
Peut-être le groupe le plus populaire des fans de Yéyé à l'époque; aujourd'hui les Classels sont ironiquement le groupe le plus détesté par la nouvelle génération de fans du son Garage/yéyé. La raison est simple, ce groupe est surtout connu pour ses balades jugés "quétaines".
Ce jugement est dur et en bonne parti mérité, mais ce serait oublier les quelques chansons incroyablement fuzzé comme "Perdu" ou" Je m'éveille".
Perdu ressort du lot à cause aussi de l'utilisation d'une petite section cuivres & cordes (violons, trompette) qui donne un son "classique" qui était assez inusité dans le rock de cette époque. Il y a aussi des effets de voix psyché, de la réverbérance & distortions dans les guitares.
Espèront que cette pièce fera changer d'opinions à quelques uns au sujet des Classels
Voici une compilation de musique de court métrage de l'O.N.F. (L'Office national du film).
La pièce Metadata fut composé pour un court métrage d'animation datant de 1971. Ce film de Peter Foldès (portant le même nom que la pièce), fut un des premiers à utiliser l'aide d'ordinateur pour assister les animateurs. Le sujet, quoique assez vague, semble être la gloutonie.
Revenons à la musique d'Alain Clavier; il s'agit d'une pièce tout ce qu'il y a de plus psyché: guitare distorsionné et errante, orgue répétitif, gémissement d'hallucination.
Sur le disque on indique une durée de 8min, mais la pièce ne dure vraiment que +ou- 3min. Le reste n'est que des effets sonores. Le court métrage de Foldès durait +ou- 8min, alors Clavier avait tapisser pour 5min d'effets sonores, jusqu'au point culminant du film où la pièce commence vraiment. Il y a donc un intro de 5min ou, si vous voulez, ou une chanson dans une chanson.
Voici le troisième volet de ma série: trame sonore Jazz.
À tout prendre (1963) de Claude Jutra a été le premier film de style "Nouvelle vague" fait au Québec. La trame sonore composé pour l'ocassion par Jean Cousineau, semble avoir été assez discrète: un maigre petit 45 tours avec 2 pièces de chaque côté sans pochette (du moins ma copie n'en a pas). C'est mieux que rien j'imagine.
La pièce nommée "Générique Jazz" est la meilleure et est la seule qui soit clairement Jazz.
Voici le deuxième volet dans ma série: trame sonore Jazz.
La musique de Caïn (1965) fut composé par Jean Cousineau et est malheureusement la seule autre trame sonore Jazz de Pierre Patry à avoir été édité. La B.O. de "Trouble fête" (1964 Pierre Patry) fut composée par Claude Léveillée mais n'est jamais sortie en vinyl. Ceux qui ont vu le film, ont sûrement aperçu Léveillée jouer dans le film dans une sorte de vidéoclip à l'intérieur du film. La pièce "ronde numéro deux" est la plus rythmée de Caïn. Percussions bossa, vibraphone "lounge", contrebasse trotinante, une section cuivre très respectable; sans mentionner un piano et voix accapella de Gaëtane Létourneau.
Voici une des 3 trames sonores Jazz de films de Pierre Patry. Celle-ci date de 1965. À ma connaissance "La corde au cou", n'est malheureusement pas disponible en VHS et encore moins en DVD. On le présente à l'ocassion à la cinémathèque québécoise.
Ce qui est étonnant c'est qu'à chaques années dans le cadre du festival de Jazz, la cinémathèque organise des projections de films aux trames sonores jazz sous la rubrique "Du jazz au cinéma" (ou quelque chose du genre). On peut y voir "Ascenseur pour echafaud", "Round Midnight" ...etc. À chaques années j'écris à la cinémathèque pour qu'on y présente les 3 films Jazzé de Pierre Patry (Caïn, Trouble fête, La corde au cou) ainsi que "Le chat dans le sac" de Gilles Groulx (B.O. de John Coltrane). Mais à chaque année on y représente les mêmes films 4-5 films Américains/Français. François Cousineau avait fait pour "La corde au coup" une B.O. Jazz tout ce qu'il y a de plus respectable. Ce fut sa première d'ailleurs et il faudra attendre 5 ans plus tard avec "L'initiation" 1970, pour réentendre un enregistrement Jazz de Cousineau. Les musiciens ne sont pas identifié sur la pochette mais on a affaire à un quatuor: contrebasse, piano, batterie et sax.
La meilleure pièce est selon moi "Pulsation". Ce titre est sûrement dût à la longue intro de contrebasse qui donne une sorte de suspense. Le tout fini par un solo de sax déjanté.
Derrière l'Osstidcho et plusieurs grands albums, il y a eu le Quatuor de jazz libre du Québec. Voici un bref historique de ce groupe resté trop longtemps dans l'ombre.
Actif de 1967 de 1974, le Quatuor de Jazz Libre du Québec est considèré comme le premier groupe de "Free Jazz" ou "Musique Actuelle" au Québec. Mais ce groupe à été connu sous différent noms durant son existance: -Le QUATUOR de Jazz libre du Québec (l'album du groupe 1968) -Le Quatuor du NOUVEAU Jazz libre du Québec (Charlebois 1968 & Forestier 1969) -Le ROCK libre du Québec (45t "tout écartillé" de Charlebois 1969) -Le JAZZ LIBRE du Québec (accompagnant Raoul Duguay: Poême et chants de la résistance vol.2 1970)
Pourquoi tout ces changements de noms ? En fait parmi les nombreux enregistrements du Quatuor, le groupe n'a vraiment été composé de 4 personnes que lors de leur seul et unique album (en 1968). Mais même là, il y avait un pianiste invité.
Sur ce disque on comptait alors Yves Charbonneau (Trompette), Jean Préfontaine (Sax Ténor), Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) et Pierre Nadeau (au Piano) fut "invité". Remarquez qu'à l'endos de l'album le nom du groupe est plus long. Les mots "du nouveau" sont rajoutés.
Sur le deuxième album de Louise Forestier, le Quatuor est composé de Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) mais aussi de Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).
Sur l'album "Les Alexandrins... et le double jeu" le Quatuor est un trio composé de Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion) et Jacques Perron (piano orgue).
Sur l'album non musical d'Yvon Deschamps "Les Unions qu'ossa donne", le Quatuor est ironiquement à sont maximum (6 musiciens): Yves Charbonneau (Trompette), Jean Préfontaine (Sax Ténor), Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion), Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).
Sur l'album Lindberg de Charlebois, les musiciens ne sont pas identifié mais je soupçonne Charlebois (et probablement l'Osstidshow) d'avoir eu la formation maximal comme pour Deschamps.
Sur l'album "Tsordaffaires" de Jean-Guy Moreau, aucuns des mots: "Quatuor-de-Jazz-libre-du-Québec" n'est inscrit et pourtant dans la liste de musiciens le Jazz libre y est en Quatuor mais en version différente de celles de leur album: Maurice C. Richard (Contrebasse), Guy Thouin (Percussion), Jacques Perron (piano orgue) et Michel Robidoux (guitare).
Il existe aussi des trames sonores de 2 autres films de l'ONF en 1969:
...Et pourquoi pas? François Séguillon, 1969
Tout le temps, tout le temps, tout le temps...? Fernand Dansereau, 1969
Après l'Osstidcho, à partir de 1970, les choses on changé pour le groupe. Il y eu une rotation du personnelle. Certains membre du groupe on joint les rangs de l'infonie (Guy Thouin).
Certains ont formé d'autres groupes; exemple Jacques Perron format "Les enzymes" qui deviendront "Vos Voisins". Quoique Perron ne fut pas un des membres originaux du Jazz libre, il fut non moins omniprésent lors des nombreux enregistrements.
Parmi les légendes urbaines, on dit que Raoul Duguay aurait fait parti du Jazz libre, ou bien "l'infonie" aurait été l'extention du Jazz libre. Oui et non. Oui parce que sur le premier album de l'infonie, on compte tout les membres "originaux" du Quatuor (parmi une dizaine de musicien).
Oui aussi parce que sur "Poèmes et chants de la résistance vol.2", Duguay y fait un poème accompagnée du "Jazz libre" et non de "l'infonie".
Mais non, l'infonie et le Jazz libre ne sont pas le même groupe; parce que dès le second album de l'infonie, les choses ont changés pour les deux groupes. Les musiciens de l'infonie n'était plus les mêmes, et on pouvait constater que le noyaux dur était vraiment formé de Walter Boudreau & Raoul Duguay.
Le Jazz libre fonde une commune artistique (nommée "Le petit Québec libre") brièvement en estrie puis à Val-David 1970-72. Après un incendie criminel déclenché par un agent double de la "Gendarmerie Royal du Canada" (peut-être parce que le nom du groupe contenait les mots: Québec et libre ?); le groupe redéménage à Montréal en 1973 et ouvre un bar dans le vieux Montréal: l'Amorce. Cette année là, le groupe joue en Italie et un court métrage est fait sur eux par un membre du (alors) tout nouveau Vidéographe.
En 1974 le groupe fit la trame sonore du film "Claude Gauvreau - Poète" pour l'ONF (signataire du célèbre manifeste "le refus global" 1948, Gauvreau s'était suicidé trois ans plus tôt). Étrange coïncidence ou non, c'est tout de même fascinant que le choix d'un groupe de "Jazz Libre" pour une bande son d'un film sur un poète automatiste. Qu'est ce que le "free jazz" sinon de l'automatisme musicale ?
Après un second incendie en 1974, cette fois-ci dans leur bar (possiblement criminel lui aussi), le groupe se dissoue. Les membres étaient exténués d'être la cible de tant de haïne (selon Mathieu Léger, alors Batteur).
La suite reste flou. Dans les années 80, Guy Thouin fit des démarches pour reformer le groupe, entre autre, pour jouer au Festival international de Jazz de Montréal. Ces tentatives semblent avoir été veines, du moins à long terme. Il existe possiblement un enregistrement à Radio-Canada de ce retour sur scène, ça reste à voir.
Psyquébélique vous offre la plus courte pièce (6min) de leur album original.
Voici un dernier message au sujet d'albums "non musicaux" auxquels le Quatuor de Jazz Libre aurait collaboré. Je n'avais pas l'intention de parler de ceci, mais après Yvon Deschamps, autant faire le tour au complet une fois pour toute...
À gauche sur la photo, on peut voir l'album "Tsordaffaires" de Jean-Guy Moreau qui paru en 1969 (l'année après la première de l'Osstidcho). Rien d'extraordinaire, si ce n'est que tout les membres du Jazz Libre sont listés comme musiciens car Moreau y fait sa version de "Lindberg".
Selon moi par contre, la pièce la plus Psyquébélique sur Tsordaffaires, est un monologue de science-fiction rempli d'effets sonores. Dans ce monologue (sans titre) Moreau parle d'un Québec devenu indépendant mais coupé de l'extérieur. L'armée américaine fini par y tester l'arme atomique.
À droite sur la photo, on peut voir l'album "Poèmes et chants de la résistance vol.2" . Poèmes et chants de la résistance était une série de 3 disques qui avaient été enregistrés au moment de la crise d'octobre (1970). La communauté artistique s'était alors mobilisée pour dénoncer (en poèmes et en chansons) les arrestations abusives.
Sur le volume 2, Raoul Duguay (à l'époque de l'infonie) y fait un monologue indépendantiste accompagnée du "Jazz Libre du Québec". L'emphase est surtout sur le texte et donc d'un point de vu purement musicale l'intérêt est limité.
Pour la conclusion de ma série: "Autour du Quatuor de Jazz libre du Québec", voici une pièce du tout premier album d'Yvon Deschamps (1969). Il y est accompagné d'une des nombreuses versions du célèbre Quatuor.
Alors que la version du Quatuor de Charlebois et Forestier avait été enregistrée sur l'étiquette Gamma; la version des Alexandrins et de Yvon Deschamps était sur Polydor.
"Le monde sont malade" n'est pas vraiment une chanson ni un monolgue. Sur cette pièce qui ouvre le disque, on reconnait tout de suite le son "Psyché-Osstidshow" surtout à cause de l'orgue de Jacques Perron, la trompette de Yves Charbonneau et la batterie de Guy Thouin.
Pour vous faire patienter avant LA critique de l'album du Quatuor, Psyquébélique vous offre la dernière collaboration du "Quatuor de Jazz libre du Québec" après le célèbre "Osstidshow" en version originale ou en édité.
"Les Alexandrins... et le double jeu" est clairement l'album le plus expérimental des Alexandrins. Fait dans le cadre d'une pièce de théâtre de Françoise Loranger, cet album est leur 3ième et date de 1969 sur l'étiquette Polydor.
Les Alexandrins était surtout le groupe de Luc et Lise Cousineau. Le couple changera d'ailleurs le nom du groupe l'année suivante pour Luc & Lise Cousineau, avant que Luc parte en solo en 1972. Leur style était chansonnier (pour les textes) mais avec une rythmique yéyé. Le meilleur des deux mondes quoi.
Quand on parle de la fusion chansonnier-yéyé des années 60, on crédite généralement Charlebois et l'album (Lindberg) qu'il avait fait avec "le Quatuor de Jazz libre du Québec". Quelques fois on mentionne aussi l'album que Louise Forestier avait fait également avec le "Quatuor" l'année d'après. Mais selon moi, on oublie trop souvent de parler des Alexandrins... et surtout de l'album "Les Alexandrins...et le double jeu".
Peu de gens on mentionné le fait que "Les Alexandrins" avait eux aussi utilisé les musiciens du mythique "Quatuor de Jazz Libre" sur cet album. Le résultat est un son clairement différent de tout ce que les Alexandrins avait fait avant. C'est peut-être cet album qui poussera le couple Cousineau à vouloir se distancer de leur passée musicale un peu plus sage en changeant le nom du groupe l'année suivante.
Certains disent que "La nouvelle frontière" a été le premier groupe de "Hippie" au Québec. Je parle ici du groupe composé des "Séguin" (Richard & Marie-Claire) mais aussi du claviériste Normand Théroux (qui fera plus tard partie du groupe "Le Match").
Leurs deux seules albums sont paruent la même année (1970). Leur son était surtout folk-rock et les textes pleins d'espoir et de naïveté. Personnellement, je préfère l'album éponyme que le second "hymne aux quenouilles". Il contient une bonne pièce instrumentale assez pop nommée "Funky monkey". Mais surtout l'excellente balade psyché "Pacification".
Pacification est une pièce hypnotisante. Elle commence lentement mais finit en crescendo. On y entend une combinaison de sitar, orgue, batterie et des très belles harmonies de voix. Par moment ça rappelle un peu Lindberg de Charlebois.
Je ne sais pas grand chose de Melchior Alias, à part peut-être que ce disque date de 1969 (sous l'étiquette Capitol) et semble avoir été le seul fait sous ce pseudonyme. J'ignore qui se cache derrière ce pseudonyme.
Le musicien principal se surnomme Melchior Alias (à moins qu'on ne compte "Robert Goulet" à la direction musicale). Ce Melchior en question, est crédité à la guitare, celesta et à la flûte. Pour le reste du groupe, il y a: Denis lepage/Piano,orgue,conga, Serge Blouin/Basse, Andy Shorter/Batterie. L'album est dure à d'écrire car il passe de balade folk au rock pessant au psyché etc... Bref le genre d'expérimentation musicale assez rare au Québec à cette époque (1969). De plus, le graphisme dans la pochette et les textes sont clairement inspirés par une consommation répétitive de LSD.
Psyquébélique vous offre la pièce "Itinéraire" qui se situe quelque part entre le folk-psyché et le Dub. Écoutez la guitare sèche répétitive, la batterie qui l'accompagne, la guitare électrique slide, la basse et l'écho dans la voix. Le tout, aggrémenté de bidouillage électronique assez réussi.
Voici une compilation de pièces "Twist" qui fut édité dans le cadre de l'émission "Les couche-tard" en 1961. Quelques chansons viennent des Étas-Unis, d'autre de la France et "Chiro-Twist" fut composé par Paul de Margerie du Québec. Le mot "Chiro" précédent le mot "Twist" vient du craquements de jointure ajouté au début de la pièce.
Paul de Margerie est mort jeune en 1968 (agé de 37 ans). Pas très connu dans le milieu yéyé car il a surtout été arrangeur/compositeur pour certains chansonniers (J-P Ferland, Charleboix entre autre). Rarement a t'il interpreté ses propres compositions, à part pour son album +ou- Jazz nommé "Calendar Date" sorti en 1960 et un album de noël nommé: "noël de nos chansonniers" (1964). Il a aussi été collaborateur sur l'album d'arrangeur "3-12" (1967) ou Neil Chotem, Marcel Lévèque et lui réinterprétaient les succès de l'heure version orchestrée.
"Chiro-Twist" est d'un style rock presque années 50 (entre autre à cause de la section cuivre) pour une pièce des années 60. Mais selon Wikipedia le style rock nommé "twist" aurait été inventé en 1959 et "Chiro-twist" de Paul de Margerie date de 61; nous somme tout de même à l'époque pré-yéyé.
Les 2 moments fort de cette pièce sont selon moi la guitare électrique joué désaccorder et un solo de trompette vers 1:34
"Viens, mon amour" est définitivement un des joyaux de l'histoire musicale au Québec. Malheureusement cette trame sonore est totalement tombée dans l'oubli. Ce disque est peut-être plus connu par les mélomanes étranger que par ceux du Québec.
Ce film, sorti 1970, fait parti du mouvement de cinéma érotique québécois que certains critiques ont appelé "Déshabillons la Québécoise". Les Canadiens anglais eux l'avaient surnommé "Maple Syrup Porn" ou Québexploitation. Je parle ici de films tels que: "Deux femmes en or", "Valérie", "7 fois par jour...y a rien là", "La queue la pomme et les pépins", "Y a plus de trou à Percé" etc. Les trames sonores de ces films étaient la source de la meilleure musique d'alors.
Comme en Europe et aux Étas-Unis, ce genre de films de série-B s'adressait à la génération (alors) montante des Baby-boomers et aida à populariser certains types de musiques un peu plus expérimentaux jadis (fin 60 début 70). Malheureusement, il n'y a eu que 3-4 de ces trames sonores québécoises édités à l'époque (parmi presque 20 films) et RE-malheureusement aucunes n'a été réédités en CD à ce jour.
Fait interessant, l'étiquette de disque "Gap records" (dont le logo est un narguilé) semble s'être spécialisé dans la production de B.O. de films érotiques. À ma connaissance Gap aurait produit que 3 albums et existé que de 1970 à 72; mais tous ces enregistrement étaient des trames sonores de films érotiques Québécois:
-Viens, mon amour / 1970 / Paul Baillargeon -Y'a plus de trou à Percé / 1971 / Paul Baillargeon -Les plus célèbres musiques de films du Québec / 1972 / François Cousineau (compil incluant des pièces de "L'initiation" 1970, "l'amour humain" 1970, "Sept fois par jour..." 1971, "le diable est parmi nous" 1972).
Quoique flou, il semble y avoir un lien entre Gap Records et la maison de production Cinepix (qui à produit plusieurs films érotiques).
Mais revenons à "Viens, mon amour". La majorité de la musique est instrumentale et composée par Paul Baillargeon. Il existe aussi une version anglaise de cette trame sonore (et du film), ce qui explique l'autre nom sur la pochette (Dean Morgan). Mais la participation de Dean Morgan s'est surtout restreinte à la co-composition des chansons "chantées".
Cette trame sonore est intéressante pour tellement de raisons que je ne sait par où commencer. Elle touche plusieurs genre. Premièrement les pièces nommées "Au bout", "La mission" et "Cago-9" sont de type Série policière/Blaxploitation. Un genre très peu utilisé au Québec. De la pop avec prédominance de cuivres solennels. Sur l'excellente "Au bout" par exemple, cuivre et guitare se suivent et sont ponctués de roulement de tambour. "La mission", combine cuivres et bidouillage électronique, assez rare pour le genre. La pièce Cago-9 est la plus "Rock" des trois. Elle constitua le côté B de l'unique 45t tiré de cet album (le côté A étant la chanson thème "Ouvre ton âme"). Rien d'édifiant à dire sur les deux chansons chantés "Emmène-moi" et "Ouvre ton âme". De la pop trop 70's trop sucré à mon goût. Personnellement je n'écoute que les versions instrumentals de ces deux dernières.
Ensuite les deux pièces clairement psychédéliques: "Harizap" et "Sans raison". "Harizap" une courte pièce 0:59, solo de guitare fuzz accompagné d'une lourde basse et ponctué d'un orgue ténébreux. "Sans raison" est co-crédité a Dean Morgan et André Perry (qui avait produit et collaboré sur le 1er album de l'infonie un an plus tôt). On y entend de la batterie bien rythmée, de la basse un peu timide et pleins d'effets sonores (électroniques, sirènes, échos). Une finale à tout casser !
J'allais oublier la très mod-Jazz "Chanson pour Candy". Piano, batterie, Basse & orgue. Quelque part entre François Carel et Jimmy Smith.
Finalement il y en a pour tout les goûts. Rien de négatif vraiment, sinon qu'on aimerait que les pièces durent plus longtemps.
J'ai un espace limité pour mes mp3. Si une 1 ou 2 chanson vous intéresse particulièrement et que l'encodage ne vous satisfait pas; écrivez-moi pour me donner votre courriel et je vous l'enverrez en 160 ou 192 kbps,
"L'interplanétaire" est un des deux seuls 45t produit en 1966 par le très bref groupe nommé les Talismans. Les deux côtés de ce 45t sont instrumentals ("L'Avalanche" étant le côté B).
"L'interplanétaire" est la meilleure pièce de type Surf-Psych que j'ai jamais entendu. C'est quand même incroyable que cette pièce ne figure sur aucunes des nombreuses compilations de Garage Québécois ! Faut croire que tout n'a pas été défriché dans ce domaine.
Les Masking Sound sont surtout connu pour avoir composé la pièce instrumentale "Une fille comme ça" sur la compil "Dans le vent" vol.1. Le musicien principal de ce groupe fut Pierre Laurendeau, mais Denis Forcier aurait co-écrit la pièce "Silence".
Cette pièce est instrumentale (comme la quasi-totalité de la musique des Masking Sound d'ailleurs) mais a des accents un peu plus solonelle qu'à l'habitude. On y entend: flûte, piano, basse, batterie et synthétiseur. Il s'agit du côté B de ce 45t. Le côté A quand à lui n'est pas aussi bon ou peut-être devrais-je dire...n'est pas vraiment approprié.
"Supernil" est une pièce disco pas mauvaise du tout, mais qu'on a pas vraiment envie d'entendre après s'être recueilli sur "Silence". J'en parlerai une prochaine fois.
Voici un 45t assez inconnu au Québec mais qui, en France, est plutôt courant. Il s'agit de 2 pièces que Robert Charlebois aurait composé pour un film français (L'agression) sorti en 1975. Charlebois ne s'en est vraiment pas vanté... et pourtant !
Le côté A nommé "L'Agression", est un rock bien gras, composé d'un mélange de deux guitares (dont une fuzz prédominante), quelques notes de basse et une batterie bien rythmé. Le côté B (vraiment moins bon) est une pièce sentimentale orchestrée avec un excès de violon et de piano (je vous épargne les détails).
Regardez la photo de ce groupe 60's et essayez de trouver ce qui est étrange ? Réponse: aucune guitare.
À ne pas confondre avec "J.B. & the Playboys" (aussi de Montréal), "Nicky Lee et les Playboys" est probablement le plus grand oublié des groupes Québécois des années 60. Très peu a été écris sur "Nicky Lee et les Playboys" et évidement aucune réédition DC ou Vinyle. Ils ne sont pas listé dans le "Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992", ni sur le Disc-O-Logue, ni même sur le très exaustif site "Rétro jeunesse 60" ! Pourtant ils ont produit un 33t avec plusieurs compo originales.
Comme bien d'autres groupes instrumentaux des années 60, "Nicky et les Playboys" est un peu passé inaperçu. Par contre, en plus de contenir aucune guitare, celui-ci a quelque choses qui le démarque des autres: le célèbre orgue Hammond B3. Rare sont les groupes d'ici qui, à cette époque, utilisait l'orgue comme instrument central. Aux Étas-Unis il y a bien eu Jimmy Smith, Booker T. & the MG's etc; mais cette branche Jazzé de la pop (parfois appelé Soul, Rythm & Blues ou même Go-Go) n'a pas tellement été exploité au Québec. Il y a bien sûr eu quelques groupes Yéyé avec une ou deux chansons dans lequel on pouvait entendre de l'orgue (Les Lutins, François Carel). Mais ici c'est surtout la guitare électrique qui a vraiment charactérisé le son des années 60; particulièrement pour les groupes instrumentaux (ex: Les Jaguars, Les Mégatones, Les Versatiles, Les Ook-Piks...).
Ce trio orgue-sax-batterie ressort vraiment du lot avec ET du contenu instrumental ET des compo originals ET l'orgue en premier plan. Leur seul long-jeu est sur l'étiquette Jupiter (je ne crois pas qu'il y est eu de 45t) et malheureusement aucune date ni nom de musicien n'est listé. J'ignore donc le nom de cet organiste génial (serait-ce lui Nicky Lee ?).
Voici une de leur compo et une cover. Ce qui étonne c'est la rapidité à laquelle l'organiste joue sur "Mashed Potatoe U.S.A."
Pour ceux qui s'interesse aux années 60-70, Paul Baillargeon est considéré comme notre meilleur compositeur de trame sonore. Ses musiques de films ("Viens mon amour", "Y'a plus de trou à Percé") sont parmi les rares trame sonore québécoise de cette époque à avoir été édités. Paul Baillargeon est en fait un arrangeur qui s'est fait connaître en faisant des chansons pour d'autre (Renée Claude, Michel Linton, Donald Lautrec...). Il a aussi fait en 1974 et 76 deux albums solo chanté. Dans les années 80 il a fait deux comédies musicales (La course au bonheur, la vie du frère andré en chanson). Dans, les années 90 il aurait déménagé au Étas-Unis (Los Angeles) et ce serait concentré à faire de la musiques pour la télé (Star Trek en autre).
Mais revenons aux années 60-70. Paul Baillargeon a aussi fait des 45 tours dont deux assez obsures sous les pseudonymes P.B. + 3 1/2 et P.B & CO. Un peu comme pour "1001 est crémazie" (avec Canadian Racer), une compilation a rendu célèbre le disque de P.B. + 3 1/2: Freakout total vol.3. Mais fidèle à ses habitudes, PSYQUÉBÉLIQUE vous présente encore le côté B de ce disque c'est-à-dire: "Le sablier" de Paul Baillargeon et Stéphane Venne.
"Le sablier" est une sorte de balade Jazz accompagné d'une sensuelle voix féminine en accapella. Les percussions font un peu samba. J'ignore la date mais on peu supposer mi-60.
L'autre 45 tours de Paul Baillargeon (P.B. & CO.) date de 1976. Les deux côtés semblent être des "covers" ou à tout le moins des "co-compositions". La face B est un rock sans grand interêt. Mais la face A est une sorte disco-électro avant l'heure. On y entend des violons jouissifs, une basse prédominant, et une guitare sympatique. Et la finale.. écoutez cette finale grandiose vers 3:35 !!!
Quelque mots pour commencer sur la longue carrière de Monsieur Pierre Perpall. Premièrement, il faut mentionner que depuis la mort de Boule Noire/George Thurston, plusieurs croient que le Québec a perdu "le premier et seul compositeur noir". Rectifions les choses, M. Perpall composa/chanta dès 1967 ses premiers 45t soul ("Stop il faut arrêter", "Do ré mi fa Soul" entre autre). Il quitta (début 70) pour les États-Unis un certain temps avant de revenir en force (et pour de bon) à la fin 70. Il composa alors les meilleurs 12" disco que le Québec ai connu (mentionnons aussi son album "Danser"). Ensuite dans les années 80 le disco devint lentement de l'électro. M. Perpall composa à cette époque sous divers pseudonymes dont "Purple Flash" et "Pluton & the Humanoïds".
Over & Over est possiblement la meilleure pièce Électro a avoir été composé au Québec. Elle est relativement "down tempo" et pour cette raison, j'ai tendance à la classifié aussi dans l'italo-Disco. Si ce n'était pas de la batterie, ce serait presque une balade. Mais la batterie justement (quoique simple et répétitive) reste vraiment en tête; et accompagnée seulement de quelques notes de claviers, la pièce réussie à nous envouter dans une sorte de mélancolie électronique. Je défie quiconque de ne pas taper du pied en écoutant Over & Over.
La pièce fut composée par Pierre Perpall pour Martin Stevens en 1984 sur l'étiquette Ovni. *** MAIS UN LECTEUR M'A FAIT DÉCOUVRIR UNE VERSION ANTÉRIEUR À CELLE-CI (Merci Colin). Donc la version d'origine serait en fait 1982 sur l'étiquette P.B.I***. Elle fut composé pour/chanté par un certain "Reggie Simms". Il s'agit probablement là du nom de scène de Régent Simard (producteur). À ma conaissance ce serait son seul disque.
Pour ce qui est du/des compositeurs, si on se fit à l'étiquette de la première version, un nom différent apparaît (en plus de celui de Perpall): M.T. Taille. Mais après une petite enquête sur Discogs, Psyquébélique est en mesure d'affirmer qu'il y aurait eu erreur et que ce serait la même personne. Il aurait dû être écris: "M.T. Paillé" (Marie-Thérèse Paillé). Le tir fut rectifié sur la version de 1984 ou on peut lire: "Perpall / Paille" sur la version chanté. Marie-Thèrese Paillé aurait composé les paroles dans les deux versions mais aurait été identifié comme tel que dans la version de 1984. Il est fort à parier que c'est sa voix qu'on peut y entendre en arrière plan. Sur discogs on la retrouve comme choriste sur au moins un autre album.
Maintenant parlons des différences entre les versions. Les versions instrumentals sont différentes des versions chantés dans les deux cas (ce qui est rare dans le monde du disco). Au niveau vocal, la version de 1982 est imbatable. Le filtre vocal dans lequel passe la voix de Reggie Simms donne un atmosphère spatial que la version de 1984 n'a tout simplement pas. La voix de Martin Stevens est tel quel (heureusement ou malheureusement). Pour ce qui est de la musique, la version de 1984 a des petits ajouts non négligeable.
1-Légèrment plus rapide 2-Aucun choriste 3-Rim shot commençant à 3:30 4-Notes de synthé additionnel donnant un atmosphère spatial plus planant
Pour ma première critique de pièce électro, j'ai choisis de parler du groupe que le défunt Boule Noire/George Thurston a aidé à fonder: Toulouse (1976-86). Mentionnons rapidement que ce groupe était surtout le groupe de Judy Richards (la femme d'Yvon Deschamps).
Miss Pacman est une pièce électro tout à fait de son époque (1983); claviers, effets sonores de jeu vidéo et texte parlant d'un phénomène technologique "récent" de l'époque (un succès d'arcade). À ma conaissance, cette pièce n'est sur aucun de leurs albums et est la seule pièce électro que Toulouse ai composé. Étrangement cette pièce m'a toujours donné l'impression qu'on essayait de faire un lien entre Miss Pacman & une prostitué de luxe:
"...super coquette, personne résiste, des millions de mecs sont sur sa liste..." "...quand tu la tiens, elle te fait jouir, si tu la retiens, elle veut s'enfuir..." "...pour d'autre partie faudra payer..."
Dans la catégorie des obscurités, "les Pee-Wee" de Rod Tremblay est définitivement dans le haut de la liste. Rien d'extraordinaire mais cette pièce est tout de même pas mal sympathique. Elle semble avoir été faite à l'occasion d'un tournoi de Hockey de niveau Pee-Wee ?!? Enfin, pourquoi pas (surtout si c'est pour endisquer quelque chose d'aussi original). L'étiquette donne l'impression d'avoir été écrite à la main et aucune date n'y figure. Et puisque ce 45 est définitivement trop obscure pour être listé sur l'outil de recherche "Disco-O-Logue" je ne peu préciser avec exactitude la date. Mais je dirais que ça sonne début 70.
Comme dans bien des cas "les Pee-Wee" est le côté B du 45t (espace généralement alloué à la moins bonne des 2 pièces d'un 45t). Ce qui est faux puisque le côté A est un choeur d'enfant qui chante une version vraiment mauvaise de cette même pièce. Mais comme c'était souvent les producteurs/impressario et non les musiciens qui faisait le choix du côté A & B (et que les radio ne faisait jouer que le côté A), on se retrouvait régulièrement avec des côté A plus sage et un côté B plus expérimental.
Plusieurs choses sont interessantes de cette pièce: la guitare à pédale Fuzz en fond sonore, les percussions assez rythmés, et une sorte de claviers aux sonorités presque humoristique (à moins que ce soi une pédale de guitare dont j'ignorais l'existence). On dirait de la musique d'une scène de promenade dans un vieux dessin animé.
Mais rien n'est aussi bon selon moi que l'intro et la conclusion dans cette pièce. Malheureusement ils ne durent que 3sec & 15 sec respectivement; et le milieu est beaucoup trop long et répétitif pour une pièce si courte. Je me suis amusé à essayer de faire une version plus "efficace" et doublant la durée de l'intro & conclusion et en raccourcissant le milieu. Jugez par vous même et dites moi ce que vous pensez:
Je serai DJ ce vendredi le 29 juin (ainsi que vendredi prochain) au CHEVAL BLANC. Je ferai un bref "set" de Jazz de 2h en parrallèle avec le festival de Jazz. Ce sera donc de 6 à 8 si vous êtes interessé.
Voici ma seconde contribution en cette période des célébrations de l'expo 67 (exposition universelle de Montréal 1967).
Je n'étais pas né lors de l'expo 67 mais je sais que ce disque était en fait la trame sonore qui accompagnait des projections d'un étrange essai visuel (film) dans un pavillion thématique portant le même nom (L'homme dans la cité). Je n'ai jamais visité ce pavillon ou vu les images qui accompagnaient ce disque, donc ma critique ne concerne que les qualités audio de ce disque.
"L'homme dans la cité" semble avoir été une sorte de discours sur l'être humain; ses qualités, ses faiblesses, ses réalisations passés, ses défis avenir etc. La narration à la particularité d'être bilingue et en stéréophonie (français gauche, anglais droite... est-ce symbolique ?). Beaucoup d'effort semble avoir été mis sur le montage audio (d'ailleurs la liste des techniciens aillant contribué au disque occupe la moitié de la pochette arrière). La structure semble être: un ennoncé sur "l'homme" et un illustration audio (et présumément visuel) de cet énoncé. Le tout est monté de façon assez fluide et on ne sent pas tellement d'effort de pédagogie condescendante typique des documentaires de cette époque. On peut y entendre de la musique Jazz, du bruitage urbain, des archives de la 2ième guerre mondiale etc.
Parmi les extraits Jazz qu'on peut entendre, on reconnait le sextuor de Maynard Ferguson (qui se produisait d'ailleurs à l'expo). Mais il y a aussi d'autre extrait Jazz que je n'arrive pas à identifier et que je trouve très interessant. J'en inclu un dans le clip que voici:
Voici un mix/Baladodiffusion de 1h que j'avais fait pour l'émission radio "Les Mixtapes de mes amis" à CISM 89.3 FM le 3 mai 2007. Mélangeant Psyché, Jazz, Funk, Électro-pop, Disco; le mix est entrecoupé de dialogue de films et de disques pour enfants que j'ai un peu trafiqué. Toute les pièces sont d'artiste Québécois. J'ai inclu la liste des pièces & un lien pour télécharger le mix:
Je ne pourrais pas avoir un blog nommé Psyquébélique et ne pas parler du groupe "Les Champignons". Leur seul album se nomme "Première capsule" et date de 1972. Malgré les apparences, ce disque n'est pas si psyché qu'on pourrait si attendre. La musique est très bonne et l'arrière du disque contient un texte assez humoristique.
À 50% instrumental 50% chanté, "Première capsule" passe de sonorité pop à folk à blues à rock progressif. La pièce la plus psyché selon moi est une sorte de monologue ou histoire musicale: "La maison hantée". Mélangeant narration, effet sonore et musique, cette pièce de 10:30 me fait penser à une des vieilles cassettes d'Halloween de ma jeunesse.
Les pièces instru sont les meilleurs. "Dynamite", "Les folies du mercredi, "Rêve futur" "Pop Pino" sont tous des pièces avec un petit fond triste. Elle contienne parfois de la flute, sax, orgue, guitares et batterie.
Que dire d'autre sinon que l'album au complet est vraiment bon, un des rares produit au Québec qu'on peu écouter du début à la fin sans sentir de longueur (à part peut-être pour la pièce blues "Le ghetto noir").
Mister Canada est le côté B assez psyché d'un 45t datant de quelque part entre 1969-74. De cette pièce se dégage une atmosphère inquiétante; Une flûte pousse de longue note aiguë, une des 2 guitares joue un accord répétitif et l'autre des notes très rapides et réverberantes. Le texte quand à lui... Imaginez une personne dans une transe hallucinogène chantant ceci : "...Les murs ouvriront leurs oreilles pour respirer l'ombre sur ta tête...".
La face A "J'ai le goût du Québec" est un reel assez standard à part qu'on peut y entendre de la basse électrique et de la clarinette. Rien d'autre à déclarer.
Je ne crois pas qu'il existe d'autre 45t et encore moins de 33t de Yul (mais j'aimerai vraiment me tromper). Je sais très peu de chose de ce groupe; sinon qu'il était dirigé par Ginette Bellavance (qui chante sur "Mister Canada" et "J'ai le goût du Québec"). Sur le site de "l'encyclopedie canadienne" j'ai appris que Ginette Bellavance a eu 2 période à sa carrière: 1969-74 elle aurait enseigné à l'Uqam la musique électro-acoustique et dirigé le groupe de musique expérimental YUL. Après (1974-88) elle à fait de la musique pour la radio, télé, l'ONF. En 1980 & 82 a sortit 2 albums solo. Je n'ai entendu qu'un de ces 2 disques et il n'est pas vraiment dans la même veine que Yul. Un peu trop axé sur les textes et pas assez sur la musique selon mes goûts. Dommage. Si quelqu'un en sait plus sur Yul (Mme Bellavance par exemple), SVP écrivez-moi.
Il y a de ces artistes qui sorte parfois de l'ordinaire pour leurs idées tout simplement étranges...
À part ces super 45t yéyé (et pour rester dans le même esprit Jazzé de Montréal 67); François Carel a aussi fait paraître deux 33t: "Piano succès vol. 1" et "Orgue succès vol.2". Ces disques sont similaires à tout point de vue (2 belles femmes vu de dos sur la pochette & des reprises instrumentales des mêmes chansons "succès" ?!?) sauf que dans un cas Carel joue du piano et dans l'autre de l'orgue. L'un sonne Jazz (la brunette) l'autre sonne Yéyé (la blonde). Y a t'il un message ??? J'implore l'esprit de François Carel.
Il faut rajouter que l'un avait été enregistré sur l'étiquette Carrousel et l'autre sur Tournesol (les maisons de disques ce sont peut-être fait rouler M. Carel, mais le publique lui, sait reconnaître du réchauffé...haha). Ces disques sont malheureusement d'un interêt assez limité puisqu'il n'aporte rien de neuf dans l'histoire de la musique... que des reprises de succès (quoique la version de "Les lunettes" de Patrick Zabé est très bonne sur Orgue succès).
Voici ma modeste contribution en cette période des célébrations du 40ième anniversaire de l'expo 67 (exposition universelle de Montréal 1967)
Surtout connu comme un excellent compositeur de chansons yéyé, François Carel n'est pas très connu des amateurs de Jazz. Pourtant il a fait le meilleur 45t Jazz que je connaisse.
45t ET Jazz ?? Une combinaison assez osée d'un point de vu marketing (du moins pour un marché comme le Québec avec un bassin démographique à l'époque de +ou-6 millions). À ma conaissance les 45t avaient surtout l'habitude d'être des tubes radiophoniques de type grand publique (et non de la musique instrumental et encore moins jazz me semble t'il). Soi Carel croyait sérieusement en son produit, soi 1967 était une époque très différente de 2007 (le Jazz devait être considèré comme de la musique Pop !). Par contre il faut également rajouter que les 2 pièces sont effectivement très accrocheuses.
Montréal 67 est une pièce très rythmé mélangeant piano, orgue et des percussions utilisant des applaudissements ponctuels (handclap). Une atmosphère de fête si dégage (d'ailleurs l'étiquette l'indique: François Carel ET SES AMIS). Cette pièce me fait penser au Jazz de Quincy Jones de cette époque. J'imagine très bien un DJ en 1967 mettre cette pièce et des gens sauter sur la piste de danse.
La pièce de l'autre côté (il n'y a pas de distinction Face A-B) se nomme "Ya ba da ba dou"; une référence à la célèbre réplique de Paul Berval/Fred Caillou du dessin animés télé "Les Pierrafeu" 1960-66 (le premier vrai doublage en Québécois !). Dans le même esprit & structure que "Montréal 67", "Ya ba da ba dou" reste étrangement similaire, quoique légèrement plus rapide, à l'exception peut-être aussi que plusieurs "cris de joie" sont poussés tout au long de la pièce ce qui lui donne un son plus improvisé/Jam.
Pour certain DJ, ce disque vaut de l'or. Pour les non-initiés, "1001 est Crémazie" n'est qu'un projet para-scolaire du Collège André Grasset datant de 1975.
Avant que certains DJ se l'approprie on début des années 2000 (due surtout à la compilation Canadian Racer), je me rappel d'avoir vu l'album mentionné dans une biographie internet de Gilles Vigneault sur un site dont j'oublie le nom. 1001 est Crémazie faisait partie de la liste des "1001" interprètes des chansons de Vigneault.
À part "Gens du pays" de Vigneault il y a bien d'autres "covers" de peu d'interêt dont celles de Beau Dommage, Scott Joplin et Herbie Hancock par exemple. Mais les meilleurs pièces reste sans contredit les 2 seules compo originales de l'album (c'est à ce demander pourquoi ils n'ont pas enregistrés QUE de leurs compo).
Les créateurs de la compilation "Canadian Racer" se sont interessés à une de ces 2 compo: "Bright moments" (de Denis Bélanger) pour des raisons très "dancefloor". La combinaison inusité de piano & conga sur "Bright Moments " est en effet assez accrocheuse. Mais pour les DJ et/ou amateur de hip hop à la recherche de nouveau loop (boucle audio), c'est surtout le solo percussif de batterie & de conga qui est très prisé et qui peu servir de squelette pour une futur pièce rap/hip hop.
L'autre compo originale est selon moi tout aussi intéressante sinon plus. "Le roi muffé" de Luc Archambault est un Jazz au tempo lent mais entrainant. La pièce a la particularité d'être métissé à des voix que je qualifierais plus de "acapella" que de "scat". Le piano et la basse sont arrangés de façon très sympatique (quoique très mal enregistrés) et me font penser au Jazz de Vince Guaraldi dans les dessins animés de Charlie Brown.
1er jour. J'espère qu'il y en aura d'autre. Ce que je voudrais faire de ce blog me semble présentement comme escalader l'Everest. Un pas de bébé à la fois et je devrais arriver à quelque part...